Le C3 Aircross, le petit SUV de Citroën

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Après près de dix années de service, le C3 Picasso tire sa révérence.
Le C3 Picasso est mort : vive le C3 Aircross !

Une carrosserie qui ne laisse personne indifférent

On raffole ou on déteste : c’est devant ce jugement très net que beaucoup de personnes sont confrontées en découvrant ce petit SUV. Certes, Citroën avait déjà préparé le terrain d’abord avec la C4 Cactus puis en dévoilant sa Nouvelle C3, mais avec le C3 Aircross, un pas supplémentaire a été franchi dans cette nouvelle esthétique très tranchée.

Certains diront que les disgracieux « Airbump » ont disparu avec bonheur, mais d’autres ne parviendront toujours pas à digérer cet avant rondouillard aux optiques à double étage si étranges.

Pourtant, Citroën n’est pas la première marque à proposer ce genre de phares : le Nissan Juke l’a déjà fait !

Nonobstant ce constat, nous ne pouvons qu’apprécier l’audace des designers d’avoir présenté un style différent dans le paysage automobile moderne qui reste encore assez frileux.

Pour le reste de la silhouette, on retiendra de ce SUV de 4,15 m son style cubique rehaussé par des couleurs bitons. Notons aussi qu’il toise le C4 Cactus de près de 10 cm, mais contrairement à ce dernier, ses portières arrière reçoivent des vitres descendantes et non à entrebâillement.

En matière de visibilité, elle est bonne mais regrettons que la vitre de custode fumée soit partiellement occultée par des bandes de décoration. En outre, celle-ci est en polycarbonate : espérons qu’elle soit de meilleure qualité que celle des Citroën BX TRS qui vieillissaient très mal et se griffaient facilement (ça sent le vécu…).

Les teintes choisies à l’intérieur de l’habitacle participent aussi à cette fraîcheur : nous sommes loin de la sobriété des marques du groupe VW ! L’ensemble est chaleureux et respire la jeunesse et l’insouciance…

Toujours par rapport aux produits du groupe VW, la place pour les passagers est en retrait et les sièges réclament une certaine habitude car leur assise est relativement courte et leur maintien latéral quasi inexistant.

En revanche, mais malheureusement en option (pack Family), la banquette arrière peut se mouvoir longitudinalement sur 15 cm, son dossier peut prendre différentes inclinaisons tandis que le dossier du passager avant peut se rabattre, autorisant ainsi le chargement d’objets longs de 2,40 m.

Le coffre à double fond fournit une excellente capacité : ses 410 dm³ sont parmi les meilleurs volumes enregistrés dans ce segment. En revanche quand le dossier (avec trappe à ski) de la banquette est rabattu, son volume de 1289 dm³ perd quand même un peu de sa superbe vis à vis de certains véhicules concurrents.

Le style de la planche de bord est dans la même lignée de ce qui a été proposé sur la C3 : on retrouve, flottant au centre du tableau de bord, cette tablette tactile reprenant pratiquement toutes les fonctions, y compris la climatisation…

Ce choix est censé réduire les boutons de commande. Certes, mais comme le dit l’adage « le mieux est l’ennemi du bien », il nous semble que Citroën est allé trop loin car même pour des fonctions exigeant une réaction immédiate, il faut passer par les menus pour y avoir accès, ce qui en plus d’être une perte de temps provoque de la distraction : par exemple, le Stop & Start se doit d’être directement accessible.

Cependant, l’alerte de franchissement involontaire de ligne peut être déconnectée par une pression longue sur un commutateur pas vraiment bien situé. De plus, à chaque démarrage de l’auto, il faudra effectuer la déconnexion. Remarquons, comme chez beaucoup de véhicules concurrents, le régulateur/limiteur de vitesse est caché par la branche gauche du volant…

En revanche, le C3 Aircross reçoit un affichage tête haute reprenant la vitesse, la navigation (option) et les panneaux de vitesse reconnus (de série) ce qui constitue un plus au niveau de la sécurité.

A ce propos, les tests EuroNCAP de novembre 2017 lui ont octroyés cinq étoiles. La sécurité des adultes a été cotée à 85 %, celles des enfants à 82 % et celles des piétons à 64 %.

Quant aux aides à la sécurité, elles ont reçu 60 % . Il est à remarquer que les tests ont révélé que les appuie-tête arrière offrent une protection médiocre au coup du lapin.

Sur route

La rédaction a pu essayer deux versions du C3 Aircross : une version diesel avec le 1.6 BlueHDi 120 ch avec transmission manuelle à 6 vitesses et une version essence 1.2 PureTech 110 ch avec boîte automatique à six rapports EAT6 de marque Aisin.

Citroën C3 Aircross 1.6 BlueHDi 120 S&S M6 « Shine »
Citroën C3 Aircross 1.2 PureTech 110 S&S EAT6 « Shine »

Le choix de ces deux versions s’est avéré judicieux car leurs caractéristiques en termes de conduite et de confort sont assez distinctes. Les deux exemplaires étaient équipés de freins signés « Citroën » : quatre freins à disques, c’est plutôt rare sur ce segment !

Les deux véhicules étaient aussi pourvus du Grip Control qui, en gérant l’ESP, permet de s’adapter aux conditions de route suivant cinq modes à savoir :

  • Le mode Standard pour les conditions de circulations normales (par défaut)
  • Le mode ESP Off qui déconnecte totalement l’ESP afin de gérer la motricité à l’ancienne jusqu’à 50 km/h
  • Et trois modes pilotant l’ESP dont
    • Un mode « Sable » pour les sols meubles jusqu’à 120 km/h,
    • Un mode « Tout Chemin » pour les terrains glissants qui se comporte jusqu’à 80 km/h comme un différentiel à glissement limité.
    • Un mode « Neige » qui adapte jusqu’à 50 km/h le patinage de chaque roue motrice aux conditions d’adhérence.

Une fois les vitesses dépassées, le Grip Control revient automatiquement au mode Standard.

Diesel

Le BlueHDi a été essayé dans sa version la plus puissante (il existe également une version à 100 ch). Les 120 ch  sont développés à 3500 rpm et son couple maximum est de 300 Nm à 1750 rpm. Coupleux, ce 1560 cm³ turbocompressé autorise une certaine paresse du levier de vitesses et ses relancées après ralentissement sont énergiques.

Les démarrages à froid nous rappellent bien qu’il est un moteur diesel, mais cela s’arrange un peu à vitesse constante, mais à ce moment là, les bruits de vent prennent le relais…

Sa tenue de route est bonne, peu de roulis, mais sa fermeté étonne pour une Citroën : les dégradations de la route ne sont pas suffisamment filtrées par les suspensions qui, dans certains cas, peuvent rebondir.

Quant à sa consommation, elle s’est figée à 5,6 litres pour l’entièreté de l’essai. Compte tenu du réservoir de 45 l, il faut envisager une autonomie de 750 km

Essence

Pour rappel, le 1.2 PureTech est un moteur trois cylindres de 1199 cm³ qui existe en trois niveaux de puissance : 85 ch (atmosphérique), 110 ch et 130 ch (turbo). La rédaction a fait l’essai de la version intermédiaire qui développe donc 110 ch à 5500 rpm et délivre un couple maximum de 205 Nm disponible dès 1500 rpm.

Avec sa boîte EAT6, son élan est un peu muselé mais en mode manuel, il retrouve partiellement sa verve que la rédaction lui connaissait avec une boîte manuelle. La boîte Aisin est réactive mais quelquefois hésitante à certaine vitesse. Pourtant, cette dernière remplace avantageusement la boîte de vitesses pilotée ETG6 que la rédaction avait du subir lors de l’essai de la C4 Cactus il y a presque quatre ans.

Nettement plus silencieux que le BlueHDi, il distille mieux sa puissance aux roues motrices. Son bruit de crécelle, typique à l’architecture des trois cylindres, reste modéré sauf en accélération.

Évidemment, ce moteur essence consomme plus que le BlueHDi : pour des trajets équivalents à cette dernière, le PureTech a ingurgité entre 6 et 7 litres aux 100 km pour le peu que le conducteur ne soit pas trop joueur du pied droit. Mais en ville, il pourra approcher la barre des 9 litres.

Aux allures légales, on peut donc tabler sur une autonomie sur plus de 600 km.

Quant au confort, outre le silence propre au moteur à essence, il faut reconnaître que la suspension de notre C3 Aircross 1.2 PureTech est plus souple et filtre mieux les secousses à faible allure que la version BlueHDi, bref il est fidèle au légendaire confort de la Marque au double chevron !

Toutefois, son absence de bruit révèle plus rapidement les sifflements de vent surtout perceptibles au niveau des rails de toit.

Conclusions

Remplaçant le C3 Picasso qui, dépassé par la mode des SUV, vivotait dans la gamme Citroën, le C3 Aircross a pour lui une esthétique bien personnelle et une excellente praticité pour autant que l’on monte en finition et que l’on se paye quelques options. Ses moteurs modernes lui permettront de rester sobre (surtout avec le BlueHDi) bien que les 45 litres de son réservoir nous paraissent assez justes. Dommage que la version diesel soit si ferme de suspension.

Élu « AutoBest 2018 » par un jury de journalistes automobiles européens, le C3 Aircross fera certainement une bonne carrière auprès d’un public jeune et/ou anticonformiste.

Proposée à un peu moins de 16.000 EUR pour la Citroën C3 Aircross 1.2 PureTech 82 boîte manuelle en finition Live, nos exemplaires dépassaient tous les deux les 20.000 EUR :

  • 23.000 EUR pour la 1.6 BlueHDi 115 S&S Manuelle 6 en finition Shine
  • 22.000 EUR pour la  1.2 PureTech 110 S&S EAT6 en finition Shine.

Benoît Piette

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