La C-Élysée : une Logan chevronnée ?

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Étudiée pour les pays émergents, la C-Élysée est un oiseau rare en nos contrées. Présentée uniquement avec une carrosserie à trois volumes, elle ne pourra avoir qu’un succès marginal en occident où les deux volumes font fureur.

Cependant, d’autres marques ont fait le même pari en proposant un véhicule similaire : Dacia avec sa Logan, Fiat avec la Tipo Sedan, Skoda avec la Rapid et Seat avec la Toledo. Mitsubishi en faisait aussi partie avec son Attrage, mais ce modèle n’est à présent plus vendu en Belgique.

Fabriquée à Vigo avec sa sœur la Peugeot 301, la C-Élysée a été lancée il y a plus de cinq ans notamment en Chine mais n’a été introduite discrètement sur le marché belge que l’année dernière suite à son léger face-lift.

Une carrosserie mieux proportionnée

Comparativement à la Dacia Logan et même si la partie arrière paraît assez replète, la silhouette C-Élysée est nettement mieux profilée.
Ses feux arrière sont également mieux dessinés avec le même effet « 3D » spécifique aux Citroën d’aujourd’hui.
Construite sur une plateforme de Peugeot 208 rallongée, elle mesure 4,43 m de long avec un empattement de 2,65 m.

Quoique plus discret que ses sœurs, son avant reste moderne avec des feux de jours à DEL. Son coffre d’une capacité de 506 dm³ dispose d’un volume profond mais facilement exploitable.

Il ne peut s’ouvrir qu’à l’aide d’un bouton placé sur le tableau de bord ou par la télécommande de la clé.

Toutefois, attention : il faut lever complètement son couvercle sans quoi, celui-ci se rabaissera et viendra heurter le crâne quand on s’abaissera pour y chercher les bagages.

L’espace à bord est suffisamment vaste pour voyager confortablement avec quatre adultes et un enfant. Les sièges sont confortables et bénéficient à l’avant d’un accoudoir central qui renferme un petit espace de rangement. Bien que sa finition reste sommaire (les vis de fixation sont apparentes), le mobilier ne se fait pas entendre sur route pavée.

Son tableau de bord est sobre et reprend la majorité des commandes des autres Citroën : on y retrouve une tablette tactile multimédia : dommage qu’elle soit si verticale et située si bas. Les chiffres du tachymètre et du compte-tours sont difficilement visibles si les phares ne sont pas allumés.

L’ergonomie ne semble pas avoir été un souci majeur pour les designers : les commandes des vitres électriques avant sont situées sur la console avant (un peu comme les Dacia), les réglages des rétroviseurs extérieurs et du régulateur/limiteur de vitesse doivent se réaliser au jugé car invisibles au conducteur.

Le volant est réglable uniquement en hauteur mais pas en profondeur. Les infos sur la consommation et l’autonomie ne peuvent être saisies que pendant quelques secondes en effectuant une pression axiale sur la manette des essuie-glaces qui, en outre, ne comportent qu’une temporisation non ajustable.

Au niveau de la sécurité, les tests EuroNCAP de 2014 n’ont octroyé que trois étoiles sur cinq. La protection des passagers a été cotée à 71 % pour les adultes et 75 % pour les enfants. Celle des piétons n’a reçu que 54 %.

Quant aux aides à la sécurité, ils n’ont reçu que 30 % (le rappel de ceinture de sécurité n’est standard que pour le siège du conducteur). La C-Élysée dispose d’un ESC (débranchable) mais pas d’assistance au maintien sur voie de circulation ou de freinage d’urgence autonome.

Sur route

La C-Élysée est propulsée que par deux moteurs essence (1.2 PureTech de 82 ch et 1.6 VTi de 115 ch) et deux diesel (1.6 HDi 92 et 1.6 BlueHDi 100).

Notre essai a porté sur la version 1.2 PureTech. Vieille connaissance, la version atmosphérique de ce trois cylindres de 1199 cm³ développe 82 ch à 5750 rpm et un couple maximum de 118 Nm à 2750 rpm. Il est donné pour 110 g de CO2 / km soit une consommation de 4,8 l / 100 km.

Cette consommation théorique n’est naturellement pas vérifiée : en usage normal, il faut prévoir une consommation de ± 6 litres aux 100 km soit une autonomie intéressante d’environ 750 km grâce à son réservoir de 50 litres.

Le lecteur attentif remarquera que le revêtement de l’espace moteur n’est pas entièrement peint et laisse apparente la couche d’apprêt…

Ne devant tirer qu’un peu plus d’une tonne, ce moteur donne à la C-Elysée un répondant auquel on ne s’attend pas.
Hélas, l’insonorisation très légère rend les accélérations très audibles : peu habitués à ces bruyantes manifestations, les passagers imagineront que le conducteur se prend pour Thierry Neuville dans une spéciale rallye ! Et ce d’autant plus que les suspensions très souples provoqueront un roulis assez sensible de la caisse.

Toutefois, ce déhanchement ne mettra pas les passagers en danger. Reconnaissons cependant que cette particularité est totalement adaptée à l’état des routes belges.

La boîte de vitesses à cinq rapports est bien étagée et dispose d’un verrouillage typiquement PSA. Quant aux freins, ils ne souffrent d’aucune critique. Malgré l’excellente monte de pneu (Michelin), la direction n’a la précision ni le tranchant que l’on a l’habitude de ressentir à bord des Citroën et en général chez PSA.

Bien que la C-Elysée soit dotée d’aides à la conduite et d’accessoires contemporains comme le MIRROR SCREEN (Apple CarPlay™ + MirrorLink®), l’USB, le BlueTooth, la reconnaissance vocale ou même une caméra à l’arrière, les perceptions de conduite font que le conducteur pensera rouler dans une Citroën des années nonante : « J’ai l’impression de monter dans ma Xsara » m’a avoué mon beau-frère…

Conclusions : Couvrez cette voiture que je ne saurais voir !

Pour se rendre d’un point A au point B avec armes et bagages, la C-Élysée ravira certainement le quidam pour qui l’aspect fonctionnel prévaut, même si son moteur fait un raffut du diable.

En somme, elle s’apparente à la Dacia Logan… mais à la grande différence que notre modèle, une C-Élysée 1.2 PureTech 82 en finition Feel se négocie à 13.650 EUR alors que la Dacia Logan 0.9 TCe 90 Lauréate de puissance comparable se vend à 10.500 EUR, soit plus de 3000 EUR de moins !

Cette considération financière ne lui donne aucune chance pour ce type d’acheteur d’autant plus que Citroën ne fait aucune publicité pour ce modèle. Bien sûr, la Logan paraît plus rustique et les sièges moins confortables, mais son prix restera sans concurrence, ce qui est primordial pour ce genre de conducteur particulièrement pragmatique.

En revanche, si la C-Élysée est comparée aux autres véhicules repris au début de cet article et dont les prix sont assez similaires, elle pourra peut-être bien avoir une chance d’être privilégiée. Néanmoins, la concurrence est rude et très bien armée, notamment au niveau de l’insonorisation !

Benoît Piette

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