Le Citroën C4 Picasso, un monospace toujours dans le coup

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Avec la venue des SUV, les monovolumes n’ont plus la cote auprès du public. Leur style baroudeur plaît et les éloigne de l’aspect « camionnette » qui les fait ressembler à un véhicule de livraison.

Malgré cet opprobre, certains modèles font de la résistance en se bardant de nouvelles technologies pour être plus aguichants aux yeux des familles : c’est le cas du Citroën C4 Picasso.

Une carrosserie toujours aussi atypique

Avec son énorme baie vitrée en guise de pare brise, le C4 Picasso se distingue facilement de la concurrence. Sans avoir l’élégance d’une berline, ce monovolume offre un espace peu commun et une luminosité hors du commun qui tranche avec les « meurtrières » que nous propose le design des SUV actuels.

 

Même si la fonctionnalité prévaut, il faut reconnaître que le C4 Picasso étonne : son avant avec ses phares dédoublés et ses lignes simples pourtant non dénuées de dynamisme lui permettent d’être reconnu d’emblée de ses concurrents.

Sa silhouette s’étire sur 4,44 m. Son large hayon avec de nouveaux feux arrière à « effet 3D » s’ouvre sur un vaste coffre d’une capacité de 537 dm³ ou même jusqu’à 630 dm³ lorsque les sièges arrière sont en position avancée, ridiculisant ainsi les capacités des SUV comparables pour qui le style importe plus que la praticité, étrange choix en vérité !

Signalons aussi qu’à l’instar de la concurrence, le ‘Hayon Mains Libres’ permettant d’ouvrir le coffre d’un simple mouvement de pied (de série sur la finition Shine).

A l’intérieur, le design du C4 Picasso 2016 définit quatre ambiances qui combinées à une excellente luminosité sont susceptibles de toucher un large public.

La disposition des commandes surprend par son ergonomie très particulière où le bon sens ne semble toujours pas avoir été le maître mot des designers : à force d’opter pour le « tout informatisé », ils ont réduit de manière drastique le nombre de commandes directes pourtant indispensables immédiatement.

Le conducteur devra donc naviguer dans les menus pour, par exemple, suspendre le Stop & Start ou la fonction « alerte de franchissement des lignes de circulation », réduisant ainsi son attention sur la route pendant de longues secondes, ce qui pourrait lui être fatal. Retenons aussi une technologie intéressant le stationnement : le Park Assist (de série sur les finitions Business + et Shine) et une Vision 360° (en option dès la finition Feel)

Comme sur leur ancêtre la DS, le changement de vitesse trône sur le tableau de bord derrière le volant : il s’agit d’un petit levier en plastique dont la fragilité peut laisser perplexe.

Malgré leur assise assez courte, les sièges restent confortables : on n’en attendait pas mieux de la part d’une Citroën. Chaque passager bénéficie d’un siège séparé et disposé sur glissière.

 

Au niveau de la sécurité, le C4 Picasso dispose actuellement de systèmes comme le ‘Coffee Break Alert’, la reconnaissance des panneaux de vitesse qui peut être couplée au régulateur / limiteur de vitesse, une alerte attention conducteur détectant le louvoiement ainsi qu’une alerte active de franchissement involontaire de ligne (opérante à partir de 65 km/h).

Toute cette technologie lui a permis de récolter en 2013 cinq étoiles aux tests EuroNCAP. La sécurité des passagers adultes, enfants et piétons a été respectivement cotée à 86 %, 88% et 68 %. Quant aux aides à la sécurité, ils ont obtenu une cote de 81 %.
Notons que la cote générale de cinq étoiles a été confirmée en juillet 2015 et sera à nouveau évaluée en août prochain.

Sur route

Notre Picasso était équipé du vaillant petit moteur 1.2 PureTech 130 qui équipe actuellement toute la gamme des marques Citroën, Peugeot et DS. Ce trois cylindres développe donc 130 ch à 5500 rpm et un couple maximum de 230 Nm à 1750 rpm.

Malgré sa faible cylindrée, il parvient à donner du dynamisme au C4 Picasso, surtout par son couple maximum qui demeure disponible à 95 % entre 1500 et 3500 rpm et à sa transmission automatique EAT6 particulièrement vive.

Ses passages de rapports sont presque imperceptibles mais ne parviennent pas encore à concurrencer la DSG du groupe VW. Notons aussi qu’il dispose d’un Stop&Start.

Dû à sa conception, on notera aussi le faible frein moteur qui devra nécessairement être compensé par des freins ‘made by Citroën’.

Dans une utilisation ‘en bon père de famille’ celui-ci s’avère particulièrement frugal : au terme de notre essai, il nous a gratifiés d’un excellent 7,2 l/ 100 km sur un parcours varié. En utilisation urbaine, malgré son ‘tonnage’, sa consommation restera toujours en dessous de 10 l. Notons aussi que son réservoir a une capacité de 57 l autorisant des trajets approchant les 700 km.

Ah, le confort Citroën, ce n’est pas qu’une légende ! Même si sa légendaire suspension oléopneumatique a été enterrée en catimini, Citroën n’a pas renié ce que confort veut dire : grâce à sa plateforme EMP2, le C4 Picasso conjugue tenue de route et confort. Certes la carrosserie du C4 Picasso culmine à 1,60 cm et se dandine donc plus qu’une berline, mais il offre toujours un bon toucher de route qui prend également soin de vos vertèbres. Ami des familles, le C4 Picasso les préservera du bruit quelquefois crispant du trois cylindres grâce à sa bonne insonorisation.

Conclusions

Le C4 Picasso a bien vieilli, son dernier face lift lui permet de rester toujours dans le coup. Il garde pour lui sa bonne visibilité et son espace intérieur. Comme toute Citroën qui se respecte, elle exigera du conducteur une certaine adaptation à l’accès aux différentes fonctions malgré une représentation graphique intuitive. Son levier placé comme sur les DS (les vraies !) en étonnera plus d’un mais se révèlera très pratique à l’usage, même si certains douteront de sa robustesse.

Pour les moteurs ‘essence’, il n’y a que le 1.2 PureTech décliné en deux puissances : 110 et 130 ch. Ce dernier reste sobre et fournit une puissance ‘suffisante’ pour oser entreprendre de longs trajets sans douter de son énergie. En outre, il ravira le portefeuille par son appétit mesuré. Proposé à partir de 25.000 EUR en version 1.2 PureTech 110 S&S BVM6 en finition ‘Live’, notre version est proposée à 32.500 EUR (version 1.2 PureTech 130 S&S EAT6 en finition ‘Shine’).

Benoît Piette

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