La BMW 518d : plus qu’un accès

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La septième génération de la série cinq a été lancée fin 2016. A l’époque, ses versions diesel débutaient avec une 520d développant 190 ch. C’est trop puissant ?

Mais pour beaucoup, la présence d’un haras aussi imposant était incompatible avec la vision actuelle de la mobilité où une certaine modération « castratrice » de la puissance et l’économie en carburant qui en découle sont devenus des critères incontournables. Ce choix raisonné est en outre soutenu par une augmentation régulière du prix du diesel.

C’est donc dans ce cadre que l’acquisition de la 518d est à envisager. Ce choix sera certainement aussi celui des flottes d’entreprise.

Une série 7 en réduction, ou presque…

Avec ses 4,94 m, la Série 5 ne fait que 16 cm de moins que la Série 7. Et cette différence est difficile à appréhender tant la ligne est similaire : il est vrai que le châssis est le même !

Très élancée, sa silhouette reprend le même dessin avec la même ouïe disposée en bas de l’aile avant.

De face, à part le dessin des phares plus simple, la similitude est frappante.

A l’arrière, le coffre s’ouvre sur un volume de 530 dm³, soit un chouia supérieur à celui de la série 7 (515 dm³) !

Il faut cependant souligner que sur notre exemplaire, ce volume n’était pas modulable car le dossier de la banquette est fixe : seule une trappe à ski autorise une petite augmentation du coffre.

Un intérieur « haute couture »

Même si cette version s’avère être la version d’accès à l’univers de la série 5, elle ne démérite pas pour autant. Lumineux et vaste, et grâce à un empattement frisant les 3 m, son habitacle accueillera sans peine quatre grands adultes avec éventuellement un enfant mais sur de cours trajets. Les sièges avant sont chauffants.

La finition reste exemplaire : depuis 1972, la série cinq a toujours été synonyme de confort teinté de sportivité. Notre exemplaire revêtait la finition Luxury avec des jolies jantes de 19″.

A l’intérieur, l’instrumentation numérique et la lumière d’ambiance peuvent être personnalisées. Très lisible, le tableau de bord change également de configuration quand un autre mode de conduite est choisi. Rappelons que la série 5, comme les autres véhicules de la marque, propose trois modes de conduite : Eco Pro (éclairage de couleur bleue), Normal (éclairage reprenant les couleurs de la lumière d’ambiance) ainsi que le mode Sport de couleur vermillon.

A présent, l’écran d’instruments multifonctions de 10,25″ est tactile mais il peut toujours se piloter via la commande située sur la console centrale.

Premium oblige, si l’on ne pioche pas dans la liste d’option, la BMW risque d’être fort dénudée. Notre 518d était pourvue de différents packs dont le Business et l’Innovation. Ceux-ci lui ont permis d’être un peu plus présentable grâce à l’aide au parking, au système de navigation, au « Real Time Traffic Information » (RTTI) et à un service de conciergerie. Les deux dernières options sont offertes pour 3 ans.

En outre, la recharge du smartphone peut s’effectuer par induction. Grâce au Pack Innovation, notre 518d disposait de l’affichage tête haute, de l’excentrique commande gestuelle ainsi que de la clé BMW Display Key.

Cette clé à écran tactile est un véritable petit ordinateur qui renseigne le conducteur non seulement sur le détail du verrouillage de la voiture mais permet aussi de connaître son autonomie ou même de programmer sa ventilation ou le chauffage de l’habitacle.

 

Selon BMW, la portée de cette clé du futur serait de 300 m. Elle se recharge via une simple prise USB.
Mais revers de la médaille, cette clé n’est pas particulièrement menue en poche et ne possède pas d’anneau pour y attacher d’autres clés…

En termes de sécurité, sans options, cette BMW était conforme au minimum syndical : il lui manquait toutefois les avertisseurs d’angle mort et son régulateur de vitesse n’est pas adaptatif…

L’EuroNCAP a gratifié la série 5 de cinq étoiles. A noter que la petite cote de 59 % octroyée aux aides à la sécurité correspond à ce que le constructeur offre de série.

Une bonne routière

Cette 518 est propulsée par deux litres diesel, le même que celui installé dans la 520d mais dégonflé d’une quarantaine de chevaux. Cubant à 1995 cm³, ce quatre cylindres ne bénéficie pas comme les autres propulseurs d’un double turbo mais d’un simple turbo mais à géométrie variable. Il ne développe que 150 ch à 4000 rpm ainsi qu’un couple maximum de 350 Nm entre 1750 et 2500 rpm.

Il est accouplé à une boîte Steptronic à huit rapports. Notre exemplaire disposait de palettes derrière le volant, une option somme toute assez intéressante, notamment quand on veut alléger les freins en sortant d’une autoroute.

Les trois modes de conduite diffèrent fortement : le mode Eco Pro est certes très sobre en carburant. Hélas, sous ce régime frugal, les rapports s’égrènent trop rapidement, engendrant des accélérations indignes du sigle BMW ! En revanche, pour quelques décilitres de plus, le mode Normal nous semble plus raisonnable. Quant au mode Sport, il permettra de donner aux 1,6 T de la 518d une vivacité que l’on ne soupçonnait pas !

Même comme modèle d’accès, cette 518 étonne par son dynamisme. Évidemment, ce n’est pas M550i xDrive, mais ses 150 ch ont suffisamment de ressource pour que BMW revendique des accélérations de 0 à 100 km/h sous la barre des 10 secondes (en 8,8 secondes). La rédaction n’a pas eu l’ambition de confirmer ce temps, mais il faut avouer que sur notre exemplaire, et en mode Sport, ses 150 ch n’étaient pas des poneys…

Même si son agilité reste évidente, les petites routes sinueuses de la Haute Meuse demandent à rester circonspect : ce vaisseau approche quand même les 5 m ! En revanche, sur les voies rapides, la 518d excelle. A cette allure, le moteur est particulièrement discret : à 120 km/h, il tourne largement sous les 2000 rpm sur le huitième rapport.

En ce qui concerne sa consommation, pour le peu que l’ordinateur de bord soit bien étalonné, la surprise a été de taille : au terme d’un trajet sur une nationale, nous sommes parvenus à accrocher 4,4 l/100 km !

Au terme de notre essai, l’ordinateur affichait une consommation moyenne de 6 litres tout rond.

Conclusions

Même si aujourd’hui le gasoil est voué aux enfers, il reste encore une des seules solutions rentables pour un gros rouleur et les gestionnaires de « fleet ». Avec sa 518d, BMW démontre que ce carburant n’a pas encore dit son dernier mot.

Version d’accès à la série 5, la 518d n’a pas à rougir de ses prestations : confortable, sûre et très logeable, son prix débute sous la barre des 50.000 EUR (47.700 EUR). Et pour couronner le tout, ses consommations restent très mesurées.

Reste que pour ce prix d’attaque, l’équipement reste un peu pingre et vous obligera à piocher dans la longue liste d’options ou de packs. Avec un prix de 57.165 EUR, notre exemplaire en comprenait près de 10.000 EUR !

Benoît Piette

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