La BMW 740e iPerformance : l’hybridisme selon BMW

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Jadis chasse gardée de certaines marques automobiles, l’électricité commence à intéresser la plupart des constructeurs. Grâce à la fée électricité, BMW ose équiper la sixième génération de son vaisseau amiral d’un petit quatre cylindres de deux litres de cylindrée…
Mais celui-ci se voit épauler par un moteur électrique, le tout délivrant une puissance respectable de 326 ch !

Après la X5, la Série 3 et la Série 2 Active Tourer, la 740e devient ainsi le quatrième véhicule qui fait appel à une solution électrique pour étoffer sa gamme par une version qui sourit à l’écologie.

Une carrosserie intégrant acier, plastique et fibres de carbone

Avec sa dernière livrée, la nouvelle BMW Série 7 fait dans la continuité : il ne faut pas effaroucher la clientèle potentielle : l’ère de Chris Bangle est vraiment révolue ! Malgré une longueur de 5,10 m et une largeur de 1,90 m (et même 2,17 m avec les rétroviseurs), elle garde des proportions harmonieuses qui lui confèrent une élégance de bon goût.

Jamais sa silhouette ne paraîtra massive. Pour diminuer son poids, la 740e fait appel entre autre à des matières plastiques renforcées par fibres de carbone pour la structure de la carrosserie.
Appelée ‘Carbon Core’ cette technique contribue à réduire le poids d’environ 130 kg par rapport à sa devancière, ce qui n’empêchera pas la 740e de friser les deux tonnes !

Dans cette version hybride, la batterie est disposée sous la banquette arrière. Elle prend la place du réservoir à carburant qui a migré sous le coffre. Celui-ci ne propose que 420 dm³ : pas très haut, il est en revanche très profond.
Ce volume de chargement est légèrement extensible en abaissant le plancher de chargement dans la partie arrière.

De même, le réservoir à essence ne peut contenir que 46 litres de carburant. Cela peut paraître indigent (avec ses 47 l, la Renault Talisman ne fait certainement pas mieux), mais les 9,2 kWh de capacité brute de la batterie lithium-ion veillent au grain et permettent suivant BMW, une autonomie en tout électrique de près de 50 km.

Sa recharge via une prise de courant domestique se réalise en moins de quatre heures ou en moins de trois heures sur une borne de recharge BMW i Wallbox. Le raccord de recharge de la batterie est disposé sous une trappe dans l’aile avant gauche.

Signalons que dans le cadre de BMW 360° ELECTRIC, BMW offre le service « ChargeNow » pour un accès facile aux bornes de recharge proposées par ses partenaires avec une facturation des frais d’énergie mensuels.

La place à bord est royale, que dis-je, impériale ! Et pourtant, la rédaction ne disposait pas de la version à empattement long : cette dernière appelée ‘BMW 740Le iPerformance’ faisant 14 cm de plus…
Notons que cette dernière peut être équipées de quatre roues motrices.

Pour la différencier des versions thermiques, des monogrammes « eDrive » apparaissent sur la custode et le logo BMW i sur les panneaux latéraux avant gauche et droit.

Notons aussi les lames en ‘bleu BMW i’ sur la calandre ainsi que des caches de moyeu bleus.

Un intérieur où la distinction rime avec technologie

La finition en bois, cuir et aluminium de l’habitacle est impeccable et ne fait pas l’économie des endroits non apparents. L’ergonomie est sans faute : tout tombe parfaitement en main. L’affichage tête haute est d’origine. Grâce à sa largeur, il peut faire apparaître tous les éléments nécessaires à une conduite sans distraction (vitesse, GPS, signalisation routière, cruise control adaptatif, etc…).

Toujours en rapport avec cette attitude sécuritaire, notre exemplaire était équipé du BMW Gesture Control qui permet de commander quelques fonctions de l’ordinateur de bord d’un geste de la main.

En option aussi, les palettes derrière le volant de la boîte de vitesses automatique à huit vitesses Steptronic. Les sièges sont parfaits et leur réglage est électrique.

A l’arrière, l’espace dédié aux passagers est énorme ; signalons qu’ils ont également accès à toutes les commodités relatives à leur confort. Notons aussi que le système de chauffage et de climatisation est alimenté en énergie par la batterie haute tension.

Notre exemplaire était équipé du pack « Ultimate Luxury » qui offre entre autre, des petites attentions pour les passagers comme le toit ouvrant, des pare-soleil électriques pour la lucarne et les vitres arrière, les phares adaptatifs à DEL, une chaîne Harman Kardon, etc… Toutes ces nombreuses options, ont fait monter l’addition à plus de 24.000 EUR !

Une sécurité adaptée à sa propulsion hybride

Vu notamment la tension de la batterie (351 V quand même !), la sécurité du véhicule tant pour les passagers que pour tout intervenant sur le véhicule a été adaptée : les composants de la technologie eDrive et le système de gestion de batterie de l’accumulateur haute tension ont été étudiés de sorte à être protégés de manière efficace.

Sur route

C’est la première fois que la série sept est propulsée d’un moteur quatre cylindres d’une cylindrée aussi réduite : à peine 1998 cm³ !
Mais attention, celui-ci est équipé de la technologie BMW TwinPower Turbo ! Ce qui veut dire qu’il dispose d’un turbocompresseur du type TwinScroll à double entrée, de l’injection directe, d’une distribution entièrement variable (VALVETRONIC), et du calage variable des arbres à cames double VANOS, ce qui lui permet de développer la coquette puissance de 258 ch de 5000 à 6500 rpm. Son couple maximum délivre 400 Nm de 1550 à 4400 rpm.

 

Ce moteur thermique est couplé à un moteur électrique synchrone de 113 ch intégré dans la boîte automatique Steptronic à huit rapports, celui-ci peut fonctionner comme générateur pour la récupération d’énergie (20 kW) pour la batterie lithium-ion. Comme tous les moteurs électriques, son couple (ici de 250 Nm) est disponible immédiatement.

Selon BMW, cette chaîne de propulsion aurait une consommation moyenne de 2,2 à 2,0 litres aux 100 kilomètres et des émissions de 50 à 45 grammes de CO2 par kilomètre. La gestion intelligente des flux d’énergie permet une interaction idéale entre les moteurs thermique et électrique qui délivrent ensemble une puissance cumulée de 326 ch (240 kW) ainsi qu’un couple maximum cumulé de 500 Nm ce qui permet à la 740e d’abattre les 100 km/h départ arrêté en 5,4 secondes et d’atteindre une vitesse maximale bridée de 240 km/h.

En outre, les modèles BMW iPerformance sont dotés d’une suspension pneumatique sur les deux essieux associée à un correcteur d’assiette automatique ainsi qu’un amortissement variable piloté ce qui confère un velouté de la route très comparable à feu la Citroën C6.

Le silence de fonctionnement est remarquable et les kilomètres sont avalés dans une douceur surprenante. Un bémol toutefois : en pleine charge, le moteur dévoile une sonorité typique d’un quatre cylindres. La direction est précise et permet de diriger ce vaisseau de manière dynamique… même si celui-ci n’est pas conçu pour ce genre de conduite !

Notons toutefois une pédale de frein difficile à doser lors des manœuvres.

Pour un adepte de la conduite hybride, celle-ci s’avère très vite assimilable : la touche eDrive placée sur la console centrale permet de choisir entre les modes AUTO eDRIVE, MAX eDRIVE et Battery Control et de gérer ainsi sur le fonctionnement de l’hybride rechargeable.

Au démarrage, le mode AUTO eDRIVE est activé automatiquement afin d’optimiser l’interaction des moteurs thermique et électrique. Ce mode est conçu pour privilégier la conduite en « tout électrique » dans la plage des vitesses basses et moyennes : le moteur thermique ne se lançant qu’à partir de 80 km/h ou lorsqu’une charge particulièrement élevée est exigée.

Dans ces conditions, la consommation réelle reste franchement sous les 5 litres, ce qui est remarquable. Mais après une bonne trentaine de kilomètres, la batterie lithium-ion de notre exemplaire était pratiquement déchargée. Sans une nouvelle recharge, la consommation en carburant augmentera progressivement tout au long du trajet pour peu que celui-ci emprunte des voies rapides.

 

Toutefois, elle restera dans des proportions tout à fait raisonnables : au terme de notre essai réalisé sur des réseaux urbains et suburbains, elle était de 6,5 l/100 km.

Mais d’une manière plus générale, il faudra tabler sur une moyenne d’un peu plus de 8 litres aux 100 km ce qui est toujours aussi étonnant !

En conclusion

BMW a fait fort : cette 740e iPerformance est vraiment l’antithèse de ce que l’on pense généralement à propos de la consommation des véhicules de cette gamme. Sa maîtrise n’entache en rien le plaisir de conduire cher à la firme bavaroise.
Cette sobriété est associée au confort et au luxe d’un haut niveau.

Véritable vitrine technologique de BMW, elle plaira aux patrons d’entreprise (et aux hommes d’état ?) sensibles à l’écologie.
Elle leur permettra de distiller ainsi des valeurs en accord avec notre temps.

La 740e iPerformance est le pendant de la Mercedes S 500e mais s’avère apparemment un peu moins chère à l’achat. Ce constat est d’ailleurs très relatif : notre exemplaire coûtait 123.000 EUR !

Benoît Piette

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