L’Audi A6 Avant : longue et séduisante

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Approchant les 5 m de long, la nouvelle A6 Avant se veut « avant » tout technologique en s’inspirant de sa grande sœur, l’A8.

Que ce soit au niveau du tableau de bord virtuel ou au niveau de l’hybridation douce, Audi embrasse donc les nouvelles technologies pour d’une part préserver la planète et d’autre part rendre la conduite plus sécuritaire tout en offrant autant de plaisir.

Une ligne distinguée

Mesurant 4,93 m de long, l’A6 Avant augmente son empattement (2,92 m) tout en conservant les mêmes dimensions que sa devancière, ce qui permet d’offrir plus de place aux passagers.

Sa calandre « Single frame » est à présent plus large et moins haute. Elle est encadrée d’optiques à technologie DEL Matrix.

La plateforme utilisée (MLB Evo) est la même que celle utilisée par la A8. Étrangement, la berline A6 est un chouia plus longue !

Ses concurrentes de même gabarit sont principalement germaniques, à savoir la BMW 520d Sport Touring Steptronic et la Mercedes Classe E 220d Executive 9G-Tronic.
Toutefois, la Volvo V90 D4 R-Design Geartronic et la Jaguar XF 2.0D R-Sport peuvent bien se placer en embuscade…

De profil, le hayon infléchi donne à l’ensemble une élégance qui la fait ressembler aux breaks de chasse.

En revanche, son inclinaison pénalise la capacité qui reste identique à l’édition précédente, à savoir 565 dm³ extensible à 1680 dm³ quand les dossiers (40/20/40) de la banquette arrière sont tous rabattus.

Hélas, son plancher n’est pas plat.
A noter que le hayon peut s’ouvrir en glissant le pied sous le pare-chocs arrière : attention, ce système est très sensible ! Le coffre offre aussi quelques commodités comme des rails pour fixer les objets ainsi que des manettes pour rabattre les dossiers.

Une belle habitabilité choyée

Comme d’habitude, la finition est soignée et les espaces de rangement sont nombreux. Bien que fermes, les sièges Alcantara/cuir chauffants sont particulièrement confortables et commandés électriquement. Celui du conducteur dispose de mémoires.

La suspension de l’A6 propose quatre variantes : la suspension traditionnelle à ressorts, la suspension Sport, la suspension avec contrôle de l’amortissement et enfin, la suspension pneumatique adaptative.

Cependant, notre version, avec ses pneus 245/45 R 19 montés sur des jantes de 19” propres à la finition S Line s’avérera peut-être un peu trop ferme au goût de la majorité des futurs acheteurs.

Quatre grands adultes pourront voyager douillettement dans cet habitacle raffiné. Toutefois, vu l’imposant tunnel de transmission, le cinquième passager devra plutôt être un enfant…

Le silence de l’habitacle est particulièrement étonnant. Il est vrai que dans la longue liste d’options, on y découvre un pare-brise acoustique ainsi qu’un double vitrage pour les vitres latérales.
Ces conditions nous ont permis d’expérimenter pleinement la radio numérique (DAB) sur les 705 W de l’ensemble Bang & Olufsen Premium Sound System à 16 haut-parleurs. Notre exemplaire bénéficiait aussi de la climatisation automatique à quatre zones.

Une technologie numérique

L’A6 peut disposer à présent du “Virtual Cockpit” qui se compose d’écrans digitaux. Cet élément fait d’ailleurs partie du Pack Business Plus présent sur notre A6 Avant.

Devant le conducteur, un écran de 12,3″ renvoie les compteurs traditionnels à aiguilles aux orties. Il se contrôle à l’aide des boutons multifonctions disposés sur le volant. Il peut être complété par un affichage tête haute (option).

Au centre, deux écrans tactiles de respectivement 10,1″ et 8,6″, et légèrement orientés vers le conducteur gèrent l’infodivertissement et la navigation.

L’écran inférieur contrôle la climatisation, les fonctions de confort ainsi que la saisie de texte. Les fonctions peuvent également être commandées à l’aide du module de commande à reconnaissance vocale. Le système qui est basé surtout sur le principe du smartphone s’apprivoise assez rapidement.

Une sécurité à cinq étoiles

Notre A6 Avant disposait des systèmes d’aide à la conduite, répartis en packs City pour la circulation en ville (détection de véhicules en approche) et Tour pour la circulation sur voies rapides.

En plus du dispositif d’assistance au freinage d’urgence en série, les systèmes d’aide à la conduite intègrent également un régulateur adaptatif de la vitesse qui gère le contrôle longitudinal et latéral pendant les embouteillages jusqu’à l’arrêt du véhicule.
Mais ce n’est pas tout, ce régulateur prend aussi en compte les limitations de vitesse, les courbes, les ronds-points et si le GPS est activé, les changements de direction, etc…

Si le conducteur rêve aux alouettes, cette assistance peut lancer une alerte visuelle, acoustique ou haptique (vibrations, etc…).

Et si notre le conducteur ne reprend toujours pas la main, le système prend alors le relais en activant les feux de détresse et en freinant pour immobiliser le véhicule: bluffant !

Cependant, malgré l’extrême avancée de toute cette technologie, le constructeur précise que tous ces systèmes fonctionnent dans leur propres limites et sont destinés à assister le conducteur et non à le remplacer !

Évidemment, ce bond technologique se reflète dans les cotations de l’EuroNCAP (5 étoiles).

Des moteurs avec une légère hybridation

Pour notre essai, nous disposions d’une A6 Avant 40 TDI 204ch S line S tronic 7 propulsée par un moteur diesel 2.0 TDI en version traction. Son moteur délivre donc 204 ch à 3500 rpm et un couple maximum de 400 Nm à 1750 rpm.

Comme Suzuki avec son système SHVS (Smart Hybrid Vehicle by Suzuki), les moteurs de l’A6 bénéficient d’une hybridation légère sensée réduire la consommation de carburant.

Dénommée MHEV pour Mild Hybrid Electric Vehicle, cette technologie fait appel à un démarreur-alternateur qui, entraîné par une courroie, récupère au freinage jusqu’à 12 kW rechargeant ainsi une batterie lithium-ion de 48 V sur les modèles V6. Sur ces modèles, le système est censé économiser 0,7 l /100 km.

A noter que sur les quatre cylindres deux litres, la tension est de 12 V et non de 48 V et l’économie réalisée n’est que de 0,3 l /100 km.

Moteur coupé, l’A6 Avant est ainsi capable de maintenir une vitesse de croisière comprise entre 55 et 160 km/h. La fonction de démarrage/arrêt est active dès 12 km/h (22 km/h pour les V6).

 

Très silencieux, ce TDI garde une sonorité toujours très contenue même quand il est en charge. Sa transmission S tronic à double embrayage est douce et prompte à rétrograder ses sept rapports si le besoin s’en fait sentir.

Sa direction reste précise mais votre serviteur a pris soin de désactiver l’aide au maintien dans la voie car celle-ci peut s’avérer un peu trop intrusive. Mais sa précision ne va pas nécessairement de paire avec une agilité de ballerine : avec un poids approchant les 2 tonnes, l’A6 Avant reste taillée pour les voyages au long cours et non pour les boucles de Bastogne !

En outre, cette version reste malgré tout celle d’accès, elle ne peut donc pas bénéficier des quatre roues directrices ou de la transmission intégrale, techniques qui entraînent inévitablement un poids supplémentaire…

Audi revendique une consommation de 4,7 l/100 km et des émissions de CO2 de 124 g/km. Lors de notre essai, il faut reconnaître que les motoristes ont fait du bon boulot : notre consommation, mesurée en grande partie sur des déplacements intervilles, s’est stabilisée à 5,6 l/100 km.

Avec son réservoir de 73 litres, l’autonomie affichée par l’ordinateur de bord dépassait largement les 1200 km.

Conclusions

Ce grand break premium est avant tout un vaisseau pour rouler en toute quiétude grâce à une technologie de pointe qui peut parfois se révéler trop intrusive à qui veut maîtriser entièrement sa conduite. Mais dans cette gamme de voiture, combien sont-ils encore à vouloir rouler comme dans une spéciale rallye ?

Même si l’A6 Avant 40 TDI s’avère être une “version d’accès”, celle-ci suffira déjà à la majorité des conducteurs : avec ses 204 ch, son moteur délivre déjà une puissance confortable tout en se montrant particulièrement sobre.

Pour les longs trajets auxquels elle est avant tout destinée, l’A6 Avant restera une alternative beaucoup plus séduisante que le SUV qui ne reste qu’une mode avant  tout tape à l’œil et plus énergivore.

Quant aux prix, ce beau break débute avec l’Audi A6 Avant Business Edition 40 TDI S tronic pour un peu moins de 53.000 EUR.

Notre exemplaire, avec la même motorisation mais en finition S Line avec entre autre, le Pack Business Plus, la sono Bang & Olufsen, les assistances City et Tour et des phares à technologie DEL Matrix s’affichait à 80.000 EUR : bienvenue chez Audi !

Benoît Piette

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