L’Alpine A110, l’héritière

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Apparue en 1962, l’Alpine A110 – première du nom – a marqué les esprits de manière vivace par ses nombreuses victoires en rallye.
Depuis fin 2017, soit 55 ans plus tard et telle un phénix, la Berlinette réapparaît, ou plutôt son héritière…

En est-elle digne ?

Un coupé à la fois compact et léger

En détaillant cette nouvelle Alpine et en la comparant à son ancêtre, force est de constater que les designers ont fait du bon boulot.

Il est indéniable que sa ligne ressemble fortement à sa devancière et les détails la rappelant en sont indubitablement des références comme par exemple, ses quatre optiques indépendantes à DEL et la nervure centrale du capot.

Ne mesurant que 4,18 m de long, 1,80 m de large et seulement 1,25 m de haut, sa silhouette très basse et élancée fait immédiatement penser à son aïeule.

De même, sa lunette arrière enveloppante rappelle aussi les premières berlinettes.

Mais cette nouvelle version est bel et bien du XXIème siècle : ses feux compacts en forme de X et ses clignotants sont à DEL. Un peu franchouillard, des badges tricolores bleu, blanc, rouge ont été apposés discrètement sur la custode ainsi que sur les portières dans l’habitacle.

Pesant moins de 1100 kg, l’Alpine A110 fait figure de poids léger dans le paysage automobile actuel où, si on excepte la très discrète Alfa 4C, la sécurité et les gadgets donnent plus que de l’embonpoint à ses rivales.

Pour arriver à ce poids plume, sa carrosserie et son soubassement sont en aluminium rivetés, collés et soudés de manière à obtenir une structure à la fois rigide et légère.

Avec son moteur en position centrale-arrière et son petit réservoir à carburant de 45 l placé juste derrière l’essieu avant, sa répartition des masses est de 56 % sur l’arrière et 44 % sur l’avant. Ce rapport est idéal pour aborder les petites routes sinueuses des rallyes, notamment celui de Monaco où la berlinette A110 a bâti sa réputation dans les années 60 et 70.

L’aérodynamisme a été aussi très étudié : le constructeur est fier d’annoncer que l’A110 est la seule voiture dans sa catégorie capable d’atteindre les 250 km/h sans aileron, ni becquet. Pour arriver à un Cx de 0,32, les techniques issues de la compétition ont été nécessaires.

Ainsi, la voiture possède un fond plat et son diffuseur a été conçu de manière à générer une zone de basse pression qui assoit la voiture alors que le soubassement en réduit la traînée.

Le coffre avant ne propose que 100 dm³, tandis que le coffre arrière n’offre que 96 dm³ : il faudra donc voyager très léger !

Un intérieur moderne

Naturellement, le XXIème siècle est aussi présent : malgré son design “minimaliste”, Renault revendique une atmosphère confortable.

Notre exemplaire est une version Légende. Contrairement à la version « Pure” plus fidèle à la Berlinette qui a remporté le rallye de Monte-Carlo en 1973, la version “Légende” affiche plutôt le caractère d’une GT.

Cette dernière est en effet équipée des sièges réglables et chauffants qui offrent une position de conduite confortable. De même, par rapport à la “Pure”, son niveau d’équipement est plus élevé : on y détaille un système audio Focal et l’habitacle est habillé de cuir, de fibre de carbone et d’aluminium.

Notons aussi que la réception de la radio n’est pas exempte de crachotements, surtout dans les tunnels. Mais il est vrai que pour un conducteur – que dis-je un pilote d’Alpine – ce n’est pas là l’essentiel…

Trois modes de conduite modifient les paramètres du moteur, de la boîte de vitesses, de l’ESC, de la direction ainsi que la sonorité de l’échappement pour les enfants… De même, l’affichage de l’écran TFT 10” est également modifié selon le mode de conduite sélectionné.

Comme toute voiture moderne, l’A110 est dotée d’un ensemble d’aides à la conduite, dont le cruise control, l’ABS, l’antipatinage et le contrôle de stabilité. Comme d’habitude chez Renault, les commandes du régulateur/limiteur de vitesse ne sont pas groupées : son interrupteur est situé sur la console centrale entre les sièges et derrière le changement de vitesse qui curieusement se réalise par trois boutons.

Cette console accueille aussi les commandes des vitres latérales… comme certaines Dacia !

L’A110 dispose aussi des aides au stationnement avant et arrière avec une caméra de recul dont l’écran apparaît curieusement devant le conducteur, entre les instruments de mesures.

Vu la médiocre visibilité de la lucarne arrière, la caméra se révèle indispensable lors des manœuvres de stationnement mais lors de celles-ci, son écran se voit régulièrement occulté par les branches du volant quand on le tourne : pas très pratique…

Sur route

L’Alpine est propulsée par un quatre cylindres turbocompressé à injection directe de 1,8 L développé par l’Alliance Renault-Nissan. Pour l’Alpine, ce moteur développe une puissance maximale de 252 ch à 6000 rpm, pour un couple maximum de 320 Nm dès 2000 rpm. Ce moteur se retrouve également dans la Talisman 1.8 TCe (225 ch) et dans la Mégane RS (280 ch).

Pour transmettre sa puissance aux roues arrière, il est connecté à une transmission Getrag à double embrayage humide à sept rapports. En plus du mode entièrement automatique, il y a un mode manuel avec palettes derrière le volant.

Notons aussi la présence d’un différentiel électronique agissant sur le freinage des roues. Vu son poids très mesuré, le rapport poids/puissance est de 4,3 kg/ch, ce qui se traduit par une accélération de 0 à 100 km/h en seulement 4,5 secondes.

 

A son bord, son efficacité est redoutable grâce à une direction précise, des freins Brembo et une bonne réactivité de la boîte (encore plus en mode manuel). L’Alpine se délecte des routes sinueuses et son agilité fait merveille.

Signalons aussi la très grande linéarité de ses accélérations sous tous les modes de conduite sélectionnés.

Pour une voiture à caractère sportif aussi marqué, il faut convenir que sa suspension avant et arrière à double triangulation s’avère confortable. A son volant, le confort offert est étonnant et malgré une conduite sportive, l’A110 boit les irrégularités de la route sans broncher.

Ses pneumatiques, des Michelin Pilot Sport 4 de 205/40 R18 à l’avant et 235/40 R18 à l’arrière, sont particulièrement adaptés même par temps orageux…

Quant au moteur, ses 252 ch suffisent. D’aucun regretteront peut-être sa trop grande linéarité, mais il développe une qualité que peu de sportive peuvent revendiquer : sa sobriété !

En effet, en roulant de manière responsable, il est tout à fait possible de descendre sous les 7 l/100 km (avec 6,4 l/100 km, nous sommes mêmes parvenus à égaler les consommations NEDC !) mais pour ceux qui en veulent plus, l’A110S leur propose 292 ch !

Spécifications techniques

Données techniques

Chiffres de production

Conclusions

Avec la renaissance de l’A110, Alpine a frappé fort tout en restant dans la lignée des berlinettes écumeuses de victoires en rallye…

Avec une ligne qui fait plus que rappeler l’originale, l’A110 possède tous les atouts pour faire de l’ombre à ses rivales les plus directes comme l’Alfa 4C et la Porsche 718 Cayman. Grâce à son poids plume et sa suspension, le châssis de l’A110 offre un confort inédit et une agilité surprenante qui permet de retrouver une conduite qui semblait révolue depuis longtemps.

Actuellement, ce dynamisme presque hérétique ne peut se retrouver que sur quelques voitures dont le nombre peut être compté sur les doigts d’une main.

Quoique linéaire dans ses accélération, son moteur fait preuve d’une belle sobriété mais son petit réservoir nécessitera de fréquents passages à la pompe.

Évidemment, cette voiture plaisir obligera son propriétaire à voyager très léger car les deux coffres offrent peu de capacité.

Reste le prix, proposé à partir de 56.100 EUR, notre exemplaire, une A110 “Légende” frisait les 60.000 EUR.

Alpine en quelques dates

  • 1955 : Création de la société des Automobiles Alpine sous forme de SARL.
    Lancement de l’A106
  • 1962 : Alpine A110
  • 1971 : 1ère victoire au rallye de Monte Carlo
  • 1973 : Alpine remporte le titre de champion du monde des constructeurs (rallye).
    Devient filiale du groupe Renault.
  • 1976 : Alpine A310 V6
  • 1978 : Victoire aux 24h du Mans
  • 1985 : Alpine GTA
  • 1991 : Alpine A610
  • 1995 : Arrêt de la production des Alpines
  • 2012 : Annonce du projet de voiture Alpine
  • 2015 : Présentation d’Alpine Célébration au Mans
  • 2016 : Annonce de la relance d’Alpine et présentation de l’Alpine Vision

Benoît Piette

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