Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) : Les gaz d’échappement des moteurs diesel sont bel et bien cancérogènes pour l’homme

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Un groupe de travail du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) vient de classer les gaz d’échappements des moteurs diesel comme étant bel et bien cancérogènes pour l’homme.


En 1989, déjà, le CIRC, département de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), les avait classé comme étant probablement cancérogènes.  Depuis 1998, un conseil consultatif qui préconise les priorités des Monographies du CIRC, les a placés dans ses grandes priorités.


Le verdict vient de tomber, ces émissions viennent d’être classées comme cancérogènes.  Le CIRC estime qu’il y a suffisamment de preuves pour pouvoir prétendre qu’une exposition aux rejets des moteurs diesel entraîne une augmentation du risque du cancer du poumon.

En 1989, les gaz d’échappement des moteurs à essence ont été classés comme étant « peut-être cancérogènes » pour l’homme.  Cette classification a été maintenue.

De grandes parties de la population mondiale sont exposés aux rejets des moteurs diesel.  L’essentiel des moteurs diesel est utilisé dans le domaine des transports (terrestre, routier, ferroviaire et maritime), mais également dans le domaine de l’énergie (groupes électrogènes). 

Les résultats  et les constatations du groupe de travail doivent donner aux autorités des bases solides à partir desquelles on peut dicter de nouvelles normes d’émission et collaborer avec les constructeurs et les pétroliers pour arriver à réduire ces rejets hautement nocifs.

Le CICR reconnaît les progrès réalisés en la matière des réductions des rejets nocifs des moteurs diesel.  Il souligne le fait que de nouvelles normes incitent à initier ou à parfaire la technologie, et, que les nouvelles technologies permettent des normes plus strictes.

Le CICR  mentionne ainsi l’emploi de carburant diesel à pauvre teneur en souffre (ce qui, semble-t-il, va au détriment du confort de fonctionnement et de la longévité du moteur ou/et de certaines de ses composantes) et les progrès réalisés par les constructeurs dans le domaine de la combustion et l’utilisation de filtres à particules.

Cependant, il faudra encore pousser les recherches en avant pour connaître l’impact réel de ces améliorations sur la santé.

Le CICR souligne également qu’il faudra encore de nombreuses années pour remplacer le parc automobile actuel, surtout dans les pays en voie de développement (manque de moyens et réglementation peu développée en la matière)  et les économies émergentes, qui ne veulent pas mettre en péril leur croissance pour des détails (à leurs yeux) de ce type là.

Les résultats de cette enquête sont essentiellement basés sur des constatations faites auprès des travailleurs très exposés aux rejets des moteurs diesel. (Que veut dire très ?).

Mais, sur la base des constatations actuelles, il est évident qu’il y ait encore beaucoup de travail à faire.

Cette étude, qui a été réalisée par un groupe de travail indépendant, fait incontestablement référence en la matière.  Si on veut être logique, il faudrait, dès aujourd’hui, mettre à l’arrêt tout ce qui fonctionne au diesel.  Mais économiquement, cela ne sempble pas réalisable.

Quelques réflexions :

Cette étude pourrait donner des idées à la maffia verte et leurs alliés pseudo-rouges pour imposer de nouvelles taxes, et amener le prix du mazout routier à des niveaux prohibitifs.  Pour qu’elle soit efficace et réaliste, il faudrait que cette mesure s’accompagne d’une réduction des taxes et accises  sur l’essence.

Certains cupides pourraient se baser sur cette étude pour réclamer des dommages aux pétroliers, aux constructeurs et à l’état, parce que ceux-ci, conscients du risque encouru par la population, ont continué à produire et à tolérer un produit potentiellement dangereux.  (cfr tabac, amiante, . . . )

Il y a également le facteur de l’inégalité de l’individu face au comportements risqués.  Certains deviennent centenaires en ne s’abstenant ni d’alcool, ni de tabac, alors que d’autres, qui n’ont jamais fumé, ni bu de l’alcool partent avant la trentaine.  Une enquête n’est jamais que statistique.

Mais n’oublions pas le principal dans tout cela : l’homme, ses sentiments et sa souffrance.

Autre remarque : On ne parle pas du mazout de chauffage et de ses rejets.

(Monographies du CIRC  Volume 105 – Gaz d’échappement des moteurs Diesel et des moteurs à essence, et certains nitro-arènes 5-12 juin 2012)

Annexe pour info : La classification des matières cancérogènes (Extrait de la Monographie du CIRC Volume 105)



Une classification strictement définie


L’évaluation donne lieu à une classification des facteurs environnementaux en 5 groupes.


• Groupe 1 – « cancérogène pour l’homme »

• Groupe 2A – « probablement cancérogène pour l’homme »

• Groupe 2B – « peut-être cancérogène pour l’homme »

• Groupe 3 – « inclassable quant à sa cancérogénicité pour l’homme »

• Groupe 4 – « probablement non cancérogène pour l’homme »

Depuis 1971, plus de 900 agents ont été évalués, parmi lesquels plus de 100 ont été classés comme étant cancérogènes (Groupe 1) et plus de 300 comme probablement cancérogènes ou peut-être cancérogènes pour l’homme (Groupes 2A et 2B).