Les voitures électriques ou l’art d’être pionnier…

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Quand fin du XIXéme siècle, les Ets Panhard & Levassor se sont lancés dans la commercialisation des premières voitures à pétrole, ils ont dû se battre avec opiniâtreté afin de trouver et des débouchés et des marchés pour leurs « automobiles à pétrole ».

Certes, il y avait bien quelques originaux fortunés qui ne se sont pas fait priés, mais convaincre les pouvoirs publics et les entreprises de changer radicalement leur mode de transport devait se révéler une gageure.


Cent vingt ans plus tard, les pionniers de l’automobile électrique se retrouvent devant ce même casse-tête. Aujourd’hui, on peut évidemment surfer sur la vague écologiste et l’image qu’elle véhicule*, mais passé ce niveau émotionnel, il y a quantité de problèmes structurels et pour corser le tout, l’économique actuelle est encore sous perfusion.

Nissan Leaf

* il suffit de constater que la Nissan Leaf vient de remporter le trophée « Car of the Year » pour 2011.

 

L’au-to-no-mie !

 

L’automobile électrique existe aussi depuis plus d’un siècle et malgré ses débuts prometteurs avec notamment, les exploits du Belge Camille Jenazy sur sa voiture électrique, la « Jamais Contente« , elle n’a jamais pu prendre l’avantage sur les moteurs thermiques. Le stockage de l’énergie électrique pose et a toujours posé un problème : les batteries actuelles ne permettent toujours pas une autonomie équivalente aux moteurs thermiques.

Jamais Contente 1899

Habitués à des autonomies frisant le millier de kilomètres, les conducteurs actuels s’interdisent l’acquisition d’un moyen de transport avec une autonomie de tout au plus deux cents kilomètres.

Pourtant, chiffres en main, 80 % des déplacements de monsieur Dupont n’excèdent pas les vingt kilomètres par jour. Ce raisonnement a beau être logique, il ne convaincra pas ce même automobiliste qui a besoin de sa voiture à « long rayon d’action » pour son pèlerinage annuel à Torremolinos.

 

D’abord l’utilitaire ?

 

Devant ce constat actuel, les voitures électriques devront alors se porter vers d’autres segments plus porteurs : les véhicules utilitaires en sont un.
Nombre d’administrations publiques comme les communes, la protection civile, ou même la poste sont des clients potentiels.

Las, celles-ci sont, par principe, très conservatrices et frileuses devant le progrès. Même sous la férule d’hommes politiques catalogués « vert », les réticences internes sont  très palpables.

Il est vrai que les effets de la crise économiques sont encore frais en mémoire et que changer de technique de transport ne se fait pas à la légère : l’achat du véhicule électrique exige également une nouvelle logistique et une structure adaptée, en outre, les utilisateurs préposés devront faire fi de leurs préjugés et s’adapter à un nouveau style de conduite.

Mondial 2010

Ces obstacles sont donc réels !
Pourtant, avec un peu de courage politique comme dirait quelqu’un, de nombreuses applications pourraient être assignées à ce genre de propulsion et permettraient de réaliser des économies substantielles en plus du gain évident pour l’environnement.

Mondial 2010

Ainsi, nous pourrions imaginer par exemple qu’à la poste, les facteurs distribuent et/ou relèvent le courrier à bord de petits véhicules électriques.

En plus d’une concrétisation d’une devise « verte » qui est sensée courir chez « bpost »  cette mémorable institution bénéficierait d’une image jeune et rafraîchissante… bref, dans son temps.