DATS24 et le CNG ou l’art d’être pionnier

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L’innovation semble avoir toujours été de mise chez DATS24 : après avoir créé dès 1972 les premières pompes sans « pompiste » (il y a déjà 40 ans !) Dats relève un autre défit en lançant en Belgique un nouveau carburant : le CNG, alias Compressed Natural Gas.

DATS24 - CNG

Quel accueil lui feront les Belges ?



Un petit nouveau a fait donc son apparition : il s’agit du CNG (Compressed Natural Gas). Déjà utilisé dans de nombreux pays (l’Italie l’utilise depuis bientôt 40 ans), il a fait son apparition en Belgique il y a juste un an dans le réseau DATS 24.

 

Le CNG, c’est quoi, au juste ?

 

A la différence du LPG qui est un mélange de propane (C3H8) et de butane (C4H10) liquéfiés, le CNG se présente sous la forme de gaz naturel compressé.

Cette configuration lui permet d’avoir un coût inférieur de production et de stockage car celui-ci ne nécessite pas de réfrigération ni de réservoir cryogénique.

Pour rappel, le gaz naturel est composé en grande partie de méthane (CH4) mais comprend également d’autres gaz dans des proportions diverses en fonction de la saison et de la provenance.

Dans notre pays, le gaz naturel se présente sous deux variétés :

  • à haut pouvoir calorique (environ 90 % de CH4) que l’on retrouve sur un axe ouest-est de Zeebruges à Verviers.
  • à bas pouvoir calorique (environ 80 % de CH4) que l’on peut trouver sur un axe coupant la Belgique du nord – sud de Turnhout à Mons.  

Gaz Naturel : canalisations

Le CNG serait plus propre, moins cher et moins agressif pour le moteur que les autres carburants traditionnels. En outre, le mélange CNG/air produit dans les cylindres est beaucoup plus homogène car – comme c’est d’ailleurs le cas pour le LPG – il s’agit d’un mélange de gaz.

A l’avenir, le CNG pourra se draper d’une verte virginité quand il sera produit au départ de boues d’égout, de fumier ou de déchets du secteur agro-horticole, bref de la biomasse. Selon le procédé de production, la réduction du CO2 pourrait atteindre même 80 %.

Cette filière de provenance régionale, nous affranchirait – dans une certaine mesure –  des carburants fossiles dont le prix ne cesse d’augmenter… et de nous déprimer.

 

Pas si inusité que ça ?

 

Ben non : pour de nombreux pays, le CNG est déjà une vieille connaissance !

Mais en Belgique, même si l’on a l’habitude de l’utiliser pour nos cuisinières ou notre chauffage, rouler avec ce gaz nous semble encore insolite !

Pourtant, quelques projets ont déjà vu le jour au royaume de la frite. Citons par exemple la STIB qui, dès 1993, a fait circuler une vingtaine de A300 CNG Van Hool : avec leur superstructure grise recouvrant les huit bonbonnes installées sur le toit, ils étaient facilement reconnaissables…

Depuis, le projet a été abandonné alors qu’à Los Angeles, 95% des 2500 autobus roulent au gaz naturel !

 

Rattraper un retard

 

En Belgique, une poignée de constructeurs européens à savoir Mercedes, Opel, Ford et VW pour l’Allemagne, Fiat pour l’Italie proposent dans leur gamme quelques modèles adaptés au CNG (environ une vingtaine de véhicules). Assez étrangement, les constructeurs français et asiatiques semblent actuellement s’en désintéresser.

En 2010, il a été recensé seulement 55 nouvelles immatriculations !

C’est donc très marginal (selon le SPF Économie, 98,5 % du parc belge roule à l’essence ou au diesel), mais cela n’empêche pas de compter de par le monde 13 millions de véhicules équipés !

 

Nombre de véhicules par carburant (SPF Economie)

Quant aux stations belges dédiées au CNG, seulement une dizaine sont actuellement opérationnelles. Cela fait quand même peu eu égard aux 18.000 stations de gaz naturel disséminées de par le monde !

Aujourd’hui, Dats 24 offre quatre stations situées respectivement à Halle, Anvers, Ninove et Anderlecht. Ce chiffre augmentera progressivement à 15 puis à 25 stations.

 

Pour leur adresse, il suffit de surfer un site américain spécialisé (Signalons que les sites belges dédiés à l’information sur les carburants ne reprennent pas encore le CNG).

 

DATS24 - CNG

 

Le CNG, un avenir prometteur ?

 

Selon l’Union Européenne, si le CNG représentait seulement 20 % de toutes les énergies utilisées par le transport routier, cela ferait baisser de 5 % les émissions globales de CO2 !

Suivant le livre blanc édité par un groupe de travail créé pour le CNG en Belgique, il y aura une plus-value pour l’environnement car les véhicules au gaz naturel émettent moins de substances polluantes que les voitures au diesel ou à l’essence.
Les véhicules au gaz naturel n’émettent presque pas de particules fines. De même, les émissions d’oxydes d’azote (NOX) et d’hydrocarbures sont de 50 à 60 % inférieures à celles de l’essence et du diesel.
De plus, comme un véhicule au gaz naturel produit environ 27 % de CO2 en moins que l’essence et 12 % de moins que le diesel, cela qui donne un avantage non négligeable pour la réduction des gaz à effet de serre.

La dépendance vis à vis du pétrole diminue en diversifiant les approvisionnements énergétiques et si , grâce au CNG, le pays respecte les objectifs européens en matière d’économie verte, tout le monde sera gagnant !

Un autre aspect également reconnu aux moteurs alimentés au CNG, c’est qu’ils sont beaucoup plus silencieux que leurs homologues carburant au diesel.

Sur le site www.cngdrive.be on peut retrouver cette petite vidéo pour découvrir ce qu’est le CNG et les avantages que l’on peut en tirer.

 

Et par rapport aux véhicules électriques ?

 

Le gros problème des voitures 100 % électriques actuelles est leur médiocre rayon d’action. Dans un premier temps, celles-ci seront, en toute logique, cantonnées aux sites urbains ou périurbains.

Certes, il existe comme sur la Chevrolet Volt ou l’Opel Ampera, des « prolongateurs d’autonomie » c’est indéniablement un plus qui vient d’être reconnu par le trophée « European Car of the Year » mais leur utilisation est contraire à l’optique « Zero Emission » prônée pour les villes.

Pour les trajets réalisés à l’extérieur des villes, les carburants conventionnels gardent provisoirement leur avantage. Mais on pourra dorénavant leur associer le CNG qui, écologiquement parlant, offre des avantages indéniables d’autant plus qu’il permet d’obtenir une autonomie comparable aux véhicules diesel ou essence.

 

Et au niveau de la sécurité ?

 

Toujours suivant le livre blanc, voici quelques avantages des véhicules au gaz naturel sur le plan de la sécurité :

  • Les constructeurs appliquent les normes les plus strictes dans la fabrication des véhicules au gaz naturel. Qualité et sécurité répondent aux exigences les plus sévères (ADAC, TÜV, etc…)
  • Le réservoir de gaz naturel est incorporé dans un double plancher ou dans le coffre de la voiture. Il est fixé au châssis.
  • Le réservoir et toutes les conduites sont de la plus haute qualité.
  • Le gaz naturel comprimé est injecté à la pression de 200 bars dans le réservoir, mais celui-ci résiste à une pression de 600 bars.
  • En l’absence d’alimentation électrique, la soupape de sécurité du réservoir est entièrement fermée.
  • Le plein de gaz naturel se fait dans un système fermé. Une soupape anti-retour empêche le gaz de s’échapper.
  • Au démarrage du véhicule, le système vérifie automatiquement et immédiatement si le réservoir de gaz naturel est parfaitement étanche.
  • Si une collision active l’airbag, toutes les soupapes du réservoir de gaz naturel sont immédiatement et automatiquement fermées.
  • En cas de fuite de gaz ou de défaillance d’une soupape, un limiteur de débit permet de contrôler la sortie du gaz.
  • Grâce au régulateur de pression du réservoir, le gaz parvient sous pression constante à la rampe d’injection, chaque cylindre possédant sa soupape d’injection. Dès qu’il quitte le réservoir, le gaz est acheminé à basse pression jusqu’au moteur.
  • Le mélange explosif nécessaire pour mouvoir le véhicule n’est formé qu’au moment où le gaz naturel pénètre dans la chambre de combustion.
  • Si un véhicule au gaz naturel prend feu, la soupape de sécurité du réservoir de gaz naturel permet de contrôler la perte de gaz, qui ne s’échappe qu’en petite quantité. Plus léger que l’air, le gaz naturel ne stagne pas au niveau du sol. En quantité contrôlée, il peut brûler sans danger d’explosion

Espérons que toutes ces règles sécuritaires puissent mettre un terme aux phobies qui pleuvent à propos du gaz. 



Une nécessaire promotion

 

Il faut naturellement que les promoteurs du CNG ne prêchent pas dans le désert : actuellement, il est avéré que beaucoup d’acteurs du monde automobile ne sont pas suffisamment conscientisés de l’apport que pourrait apporter le CNG en terme de mobilité.

Différents acteurs privés tentent à leur niveau de promouvoir ce carburant alternatif : actuellement, DATS 24 propose de tester gratuitement un véhicule CNG pour découvrir tous les avantages de ce nouveau carburant.

En outre, pour rendre ce carburant attractif, différentes mesures devraient être prises comme par exemple :

  • Un cadre fiscal et légal favorable
  • Une déduction pour les inévitables investissement que les stations-service devront réaliser. Ce soutien est une condition majeure pour mettre en place un réseau suffisamment étendu. Cela implique également une législation adaptée aux conditions environnementales.
  • Une homologation des véhicules au gaz naturel et un contrôle technique adapté avec par exemple, une dispense de contrôle pour les véhicules déjà titulaires d’une homologation européenne.
  • Un rôle d’exemple de tous les acteurs et administrations publics
  • Promouvoir et subsidier la production de biogaz
  • etc…

Espérons que la promotion du CNG en Belgique démarre vraiment. Il serait navrant que les retards déjà accumulés en terme de promotion des carburants alternatifs s’accumulent et fassent retourner notre pays au XIX siècle…