ESSAI 2016: Mirai, la Toyota du futur ?

Mirai signifie futur en japonais : après le très discret SUV Hyundai ix35 FCEV, cette Toyota est le second véhicule à utiliser l’hydrogène comme carburant en Belgique.

Serait-ce la solution pour remplacer les carburants fossiles ?

Toyota Mirai – Essai 2016

 

Aujourd’hui, rien n’est moins sûr !

 

Un design étrange

Comme pour la Prius en son temps, Toyota a voulu différencier le style de la Mirai du reste de sa production pour bien marquer sa particularité.

Toyota Mirai – Essai 2016

 

Il s’agit d’un véhicule mu par l’électricité obtenu par une pile à combustible (Fuelcell) alimentée à l’hydrogène (PAC) et il faut que cela se sache !

Toyota Mirai – Essai 2016

 

Dire que la Toyota Mirai laissera un souvenir impérissable à ceux qui la croisent serait un peu exagéré !

Toyota Mirai – Essai 2016

 

Certes sa ligne fait preuve de personnalité, mais de là à affirmer qu’elle est jolie serait mentir : à l’avant, ses écopes totalement disproportionnées intriguent pour ne pas dire choquent.

De profil, elle se veut élancée, mais en l’approchant, l’effet n’est pas des plus flatteurs et une certaine lourdeur s’en dégage.

Toyota Mirai – Essai 2016

 

A l’arrière, le dessin du coffre est massif et la position des feux intrigue.

Toyota Mirai – Essai 2016

 

A l’intérieur, pour ceux qui connaissent les hybrides de Toyota, le style leur rappellera la nouvelle Prius.

L’ergonomie est bonne et les instruments du tableau de bord sont reportés en son centre.

Toyota Mirai – Essai 2016

 

Son instrumentation est très complète. Les sièges et le volant sont chauffants et à l’instar des Lexus, les sièges avant sont électriques et celui du conducteur est à mémoire : à l’arrêt du véhicule, il recule et le volant avance afin de faciliter la sortie du conducteur.

Une large console sépare les passagers avant. Elle intègre une prise USB et un chargeur par induction. Celle-ci se prolonge par un accoudoir coulissant.

Toyota Mirai – Essai 2016

 

L’équipement audio et multimédia de la Mirai comprend de série un écran de 7 « , un autoradio AM/FM, un lecteur de CD, la connectivité mains libres Bluetooth® et un système de navigation.

La sonorisation est confiée à un système JBL® Premium Sound à onze haut-parleurs.

Toyota Mirai – Essai 2016

 

Les deux passagers arrière ont de la place mais un épais accoudoir inamovible empêchera tout embarquement d’un troisième passager et interdira aussi tout rabattement du dossier des sièges arrière, la faute à l’emplacement de la batterie d’appoint.

La disposition de la pile à combustible sous les sièges avant exclut un plancher plat.

Toyota Mirai – Essai 2016
Toyota Mirai – Essai 2016

 

Les deux réservoirs à hydrogène stockant ensemble 5 kg d’hydrogène (H2) sous haute pression (700 bars !) sont placés transversalement sous la banquette arrière et sous le coffre dont le volume n’est pas exceptionnel : il ne propose qu’à peine 360 dm³, soit 20 dm³ de moins que ce que propose une VW Golf…

Toyota Mirai – Essai 2016

 

Curieux pour un véhicule de près de 4,9 m de long !

 

Comment ça marche ?

Peut-être vous rappelez-vous vos cours de chimie et en particulier ceux relatifs à l’électrolyse de l’eau. Il s’agissait de produire de l’oxygène (O2) et de l’hydrogène (H2) gazeux en faisant passer un courant électrique dans de l’eau (H2O).

 

Hé bien, la pile à combustible, c’est l’inverse : la pile produit de l’électricité grâce à la réaction de l’hydrogène avec l’oxygène de l’air.

Celle-ci se réalise par l’emploi d’un catalyseur (généralement du platine) contenu dans une fine membrane en polymère séparant les deux électrodes. Elle produit de l’eau et de l’électricité.

Toyota Mirai – Essai 2016

 

Celle-ci alimente une batterie Ni-Mh tampon de 1.6 kWh ainsi que le moteur électrique de 113 kW (154 ch) emprunté à la gamme Lexus. Cette batterie délivre le courant pour le démarrage ou en appui de la pile à combustible lors des accélérations.

 

En vitesse de croisière, seule la PAC fournit l’électricité.

Toyota Mirai – Essai 2016

 

En pratique, la conduite est identique à un véhicule électrique traditionnel avec la différence près que son autonomie est largement supérieure et qu’elle libère de la vapeur d’eau…

Toyota Mirai – Essai 2016

 

L’eau résiduelle doit se purger en cas d’immobilisation du véhicule

Toyota Mirai – Essai 2016

 

Autre différence de taille, le rechargement : alors que la recharge d’un véhicule électrique se compte en heures, le plein en H2 de la Mirai s’effectue en quelque 5 minutes !

 

Sa conduite

La première chose qui frappe est naturellement le silence, seul un léger chuintement trahit le fonctionnement de la PAC. La boîte automatique est similaire à la Prius.

Toyota Mirai – Essai 2016

Elle dispose aussi d’une position ‘Br’ qui permet d’amplifier le freinage et ainsi la récupération d’énergie.

 

Mais par rapport à la BMW i3 ou même le Mitsubishi Outlander PHEV, celle-ci est assez discrète et il n’y a pas possibilité de la moduler.

Toyota Mirai – Essai 2016

 

Trois modes de conduite sont proposés : Normal, Eco qui bride la puissance et Power qui fournit un surcroît d’énergie pour une conduite plus dynamique… évidemment au détriment de l’autonomie !

 

Notons que l’autonomie peut aussi être augmentée en choisissant le mode Eco pour le conditionnement d’air.

Toyota Mirai – Essai 2016

 

La direction est bonne mais n’atteint pas encore la précision des véhicules thermiques de la Marque.

La tenue de route montre que la Mirai n’est pas une ballerine : avec près de 1,8 T, elle ne se conduit pas comme une Auris.

Toyota Mirai – Essai 2016

 

Le grand débattement de ses suspensions la rend en revanche très confortable mais il contribue aussi à rendre le roulis plus perceptible.

Cependant, malgré son poids, la Mirai accélère fort !

Toyota Mirai – Essai 2016

 

Ses 335 Nm de couple sont délivrés dès la première sollicitation de l’accélérateur ce qui permet à Toyota de revendiquer un 0 à 100 km/h en 9,6 secondes !

Même si cette accélération est très linéaire, peu de voitures peuvent lui tenir tête aux feux rouges !

Toyota Mirai – Essai 2016

 

Toyota déclare une consommation en cycle mixte de 0,76 kg H2 /100 km et une autonomie de 550 km, mais en pratique, notre consommation a été de ± 1,5 kg / 100 km soit le double, ce qui ne ferait qu’environ 340 km d’autonomie

 

Conclusions

Vendue à un peu moins de 80.000 EUR, la Mirai est le résultat d’un savoir-faire que Toyota approfondit depuis 1992. Cette débauche de technologies laisse à penser que la Marque a trouvé LA solution pour l’avenir.

Hélas, nous sommes encore dans ses tous premiers balbutiements, et il reste encore beaucoup à faire pour que celle-ci devienne courante !

Toyota Mirai – Essai 2016

 

En outre, pour la Belgique, la Mirai est une grosse voiture avec une habitabilité et un coffre de citadine (non extensible !) ce qui n’arrange rien pour sa diffusion.

Toyota Mirai – Essai 2016

 

En partant de notre consommation (1,5 kg/100 km) et sachant qu’un kilo d’hydrogène coûte actuellement 10 EUR, le prix au kilomètre est d’environ 15 centimes, ce qui n’est pas si bon marché : c’est en somme, équivalent à une voiture roulant à l’essence !

 

Quant à une diesel, elle revient à moins de 10 centimes…

Toyota Mirai – Essai 2016

 

Reste encore d’autres problèmes liés à son approvisionnement :

  1. Actuellement, l’hydrogène industriel s’obtient par l’extraction chimique d’hydrocarbures fossiles notamment du méthane (CH4). La réaction chimique pour sa production engendre hélas du dioxyde de carbone (CO2) : la pollution engendrée par la Mirai se réalise donc en amont…
    Cependant, d’autres méthodes existent comme l’électrolyse de l’eau au moyen d’électricité verte. L’hydrogène peut aussi provenir de nombreuses ressources naturelles ou de sous-produits des activités humaines telles que les boues d’épuration…
  2. Malgré que l’hydrogène soit un des éléments les plus présents sur la terre, les stations en Belgique sont fort rares et leur fiabilité n’est pas encore leur point fort : votre serviteur a du déclarer forfait en tentant de faire le plein…

 

BP

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