FEDERAUTO fait analyser la situation financière des entreprises automobiles belges

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A la demande du secteur, FEDERAUTO a chargé IDEA Consult de procéder à l’évaluation objective de la situation financière des entreprises automobiles belges sur les cinq dernières années, sur la base des chiffres fournies par Graydon.

Belgische automobielondernemingen

La question revient sans cesse de savoir à quoi ressemblera le paysage automobile à l’avenir. La rentabilité des entreprises concernées y joue bien entendu un rôle déterminant.


Les comptes annuels de 2.237 distributeurs de marque ont été passés à la loupe en fonction du segment (voitures de tourisme, utilitaires légers et lourds, multi-segment), de la région et du type de concession (agent, concessionnaire et succursale).

Les diminutions de marges annoncées se confirment effectivement. Ainsi la marge brute a chuté de 25 % de 3,6% en 2009 à 2,7% en 2013. Les marges nettes pour lesquelles il a également été tenu compte des investissements (amortissements), ont dégringolé encore plus fortement, de 36%.

En 2013 la marge moyenne du concessionnaire de marque s’élevait à 0,9 %, ce qui est très faible comparé aux distributeurs de marques dans d’autres pays. Les deux marges étaient légèrement meilleures pour les distributeurs de véhicules utilitaires légers et lourds comparé aux concessionnaires de voitures de tourisme, tout comme les agents dont les marges se sont révélées plus favorables que celles des concessionnaires et dans une plus forte mesure encore des succursales. Le rendement net moyen (RNM) après impôts s’élevait à 7,6 % pour la période 2009-2013 toute en chutant de plus de 32 %.

Le taux d’endettement, qui mesure le rapport entre les fonds de tiers et les fonds totaux, est demeuré relativement stable pendant la période examinée mais a connu dans tous les segments et pour tous types de distributeurs de marques une hausse significative en 2013. En 2013 le taux d’endettement s’élevait à 68,1 % contre 66,2 % en 2009. Le ratio de liquidité, qui indique dans quelle mesure l’entreprise peut honorer ses obligations de paiement à court terme, reste relativement stable pendant la période 2009-2013 (2,14 en moyenne) tout en diminuant légèrement.

Globalement nous pouvons donc affirmer que la rentabilité des distributeurs de marques agréés a reculé comparé à 2009. Par conséquent, des mesures s’imposent pour inverser cette tendance négative à défaut de quoi le secteur risquerait de se retrouver en position délicate.

De multiples facteurs pourraient expliquer le recul de la rentabilité, dont voici les principaux:

 

  • En raison du downsizing des voitures achetées, tant par les particuliers que les entreprises, certains coûts pèsent proportionnellement plus lourdement sur le chiffre d’affaires et ce au détriment des marges. Les coûts de l’augmentation du stock aussi influent sur la rentabilité.
    Dans l’ensemble le marché est relativement stable. Certes les immatriculations de voitures de tourisme neuves sont passées de 575.000 à 480.000 (en raison de la suppression des éco-primes, de l’introduction de l’ATN etc.) mais elles se maintiennent relativement, grâce à la stabilité du parc des voitures de société.
  • Ces dernières années, les concessionnaires ont consenti d’importants investissements en matière d’infrastructure et de mise aux normes, ce qui accroît les amortissements et met tout particulièrement les marges nettes sous pression.
  • Il y a quelques années, le degré d’absorption de l’après-vente (la mesure dans laquelle les bénéfices des activités de l’après-vente couvrent les frais fixes totaux de la concession) se situait aux alentours des 80%. Mais il est en forte baisse en raison du report de l’entretien des véhicules par les consommateurs, du fait que les véhicules requièrent moins d’entretien et du tassement des activités de carrosserie en raison de la présence accrue des aides à la navigation et des systèmes de détection ainsi que l’adaptation des infrastructures routières et des contrôles poussés.

    A titre comparatif, au Royaume-Uni le degré d’absorption de l’après-vente a reculé de 82 % en 1998 à 65 % en 2014! Bien que nous ne disposions pas de statistiques des entreprises automobiles belges, un sondage oral nous apprend que la Belgique est sur la même voie.

  • Dans le secteur des garages, le chômage économique a fortement augmenté depuis 2012, rendant ces travailleurs improductifs et donc non générateurs de marge alors que les frais fixes demeurent inchangés.

 

FEDERAUTO continuera à faire analyser les données des comptes annuels des concessionnaires et agents de marque en Belgique avec une mise à jour annuelle.