BD : Michel Vaillant : Nouvelle Saison : Au Nom du Fils

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Dèpuis hier, le nouvel album de Michel Vaillant est en librairie.

 

Les Editions Dupuis, la nouvelle écurie de Michel Vaillant et des siens depuis 2010, a présenté hier le nouveau départ de la série.

La nouvelle équipe (incomplète) : de gauche à droite, Philippe Graton, Denis Lapière et Benjamin Benéteau


Jean Graton et son oeuvre

Dans l’Hexagone, après la seconde guerre mondiale, la BD n’était pas perçue comme un art, ni même comme une forme de littérature sérieuse. Assez curieusement, en Belgique, la BD était en plein « boom », et Bruxelles et Charleroi étaient les capitales mondiales de la BD francophone. Pour un français, désirant se faire un nom dans le secteur, la Belgique était devenue un passage obligé.

C’est ainsi qu’un certain Jean Graton, débarque en 1947 de sa Bretagne natale à Bruxelles. A partir de 1949, il réalise des histoires courtes. Au bout d’une année, il propose ses services à l’hebdomadaire Tintin, dans l’espoir de créer ses propres personnages et de rédiger ses scénarios.

Il faudra attendre 1957 pour voir apparaître Michel Vaillant, pilote de course automobile. En 1959, paraît le premier long récit de Michel Vaillant, « Le grand défi ». Rappelons qu’en ces temps lointains, une BD comptait plus de 60 pages.

Jean Graton a également été le père spirituel de la série « Les Labourdet », dont son épouse, Francine, était la scénariste. En 1976, il a entamé une nouvelle série, « Julie Wood », qui a fini par se confondre dans l’aventure Vaillant.

Entre-temps, Jean Graton avait créé un studio pour l’aider à desiner les décors et les voitures.

En 1982, il fonde sa propre maison d’édition, et en 1994, un de ses fils, Philippe, écrit un premier scénario pour son père, ce qui « booste » quelque peu la série.

En 2004, il dépose plume et crayon, et profite depuis lors d’une retraite bien méritée.

En 2010, Michel Vaillant intègre l’écurie de la maison d’édition Dupuis.

Plus de 20.000.000 d’albums des aventures de Michel Vaillant ont été écoulés dans 16 pays.

Philippe Graton

Considérations

Lorsque nous étions enfant, à la fin des années cinquante, nous étions fascinés non seulement par les exploits et les victoires de Michel Vaillant, mais également par les autos que Jean Graton créait. Nous appréciions également l’éclectisme du pilote Michel Vaillant, qui pouvait se distinguer, tant à Indianapolis, qu’à Spa-Francorchamps, au Mans ou encore dans les Dolomites lors du célèbre Marathon de la Route, Liège-Rome-Liège.  Autre illustration de cet éclectisme, « Route de nuit », où Michel Vaillant et son faire-valoir américain, Steve Warson se retrouvent sur les nationales françaises au volant d’un 19 tonnes, pour une aventure palpitante.

En outre, les aventures de Michel Vaillant semblaient si réalistes… Nous ne pouvions pas savoir alors, que Jean suivait les courses et parcourait l’Europe et l’Amérique pour se documenter de la façon la plus approfondie. (Ce que faisaient et font encore toujours les dessinateurs de BD)

Il était parvenu à s’immiscer dans le monde de la course automobile, au plus haut niveau (F1), et comptait les meilleurs pilotes de l’époque parmi ses amis et confidents. On voit mal arriver cela encore de nos jours, où les pilotes sont isolés de la presse et du commun des mortels par des filtres du type « expert en communication », qui les couvent jalousement. Peut-être est-ce pour cette raison que Michel Vaillant revient sur le WTCC, où les acteurs sont encore « relativement abordables ».

Denis Lapière

Nouveau départ

Pour donner un nouveau souffle à la carrière du doyen des pilotes de course, Philippe Graton a décidé de repartir avec une toute nouvelle équipe. Philippe Graton définit les axes scénaristiques. Denis Lapière, fignole les scénarios et les dialogues. Marc Bourgne dessine les personnages, tandis que Benjamin Benéteau s’occupe des décors et des voitures.

Les personnages sont plus consistants, ont plus de profondeur. Les intrigues seront encore plus complexes. Les nouveaux défis, tels que la pollution, la place de l’automobile dans notre société seront également à l’ordre du jour. Et, finalement, l’aspect saga familiale, telle que nous la connaissions, prendra de l’ampleur dans les épisodes à venir.

Nouvelle Saison, Au Nom du Fils est disponible dès aujourd’hui en librairie. L’histoire comptera 3 volumes. Notons que la BD compte 54 pages, une dizaine de plus qu’une autre BD contemporaine.

Benjamin Benéteau