Les voiturettes allemandes d’après-guerre.

Classé dans : Histoire | 0

 

BMW Isetta

À la fin de la guerre, en 1945, l’Europe est exsangue.

 

Le matériel roulant a été très éprouvé. Beaucoup de véhicules démolis, d’autres usés jusqu’à la corde, ayant roulé pendant la guerre à l’aide de carburants de remplacement.

 

Les premiers véhicules neufs n’apparaissent qu’au cours de 1946 et encore au compte-gouttes.

 

La période est propice à la voiture légère et économique, bon marché à l’achat et à l’usage.

 

De nombreux candidats constructeurs présentent des voiturettes à deux ou quatre places, à moteur de faible cylindrée, de structure souvent très simple bien que certains fassent preuve d’ingéniosité et présentent souvent des solutions originales.

 

Ce phénomène « voiturettes » se manifeste dans tous les pays d’Europe, mais plus particulièrement en Allemagne et en France.

 

Voici une énumération (par ordre alphabétique et non exhaustive) de marques de voiturettes allemandes.

Suivra prochainement un article analogue sur les voiturettes françaises de l’après-guerre


 

Un projet Brütsch de 1952, moteur deux temps 300 cc, boîte quatre vitesses. Un projet Brütsch de 1952, moteur deux temps 300 cc, boite quatre vitesses.


Egon Brütsch, technicien établi à Stuttgart, dessine et construit des prototypes de voiturettes économiques au cours des années cinquante.

Son atelier ne permet pas la construction en série et les prototypes ne sortent qu‘à quelques exemplaires.

Le but de Brütsch est de les proposer à des constructeurs capables de les lancer en série.

Cela ne se réalisera que rarement.


1954, Brütsch trois roues, trois places de front. Châssis tubulaire , caisse plastique, moteur monocylindre arrière. 1954, Brütsch trois roues, trois places de front. Châssis tubulaire , caisse plastique, moteur monocylindre arrière.


Projet Brütsch de 1956Projet Brütsch de 1956

Un des derniers prototypes de Brütsch, la Rolletta 1957, trois roues, moteur arrière 100 cc.Un des derniers prototypes de Brütsch, la Rolletta 1957, trois roues, moteur arrière 100 cc.

 


– Helmut Butenuth est un industriel berlinois qui construit dans les années cinquante des véhicules industriels sous la marque Econom, camions, tracteurs, véhicules municipaux.

En outre, il étudie une voiturette deux places à moteur deux temps installé à l’avant, mais elle ne sera jamais commercialisée.

Le prototype de Hellmuth Butenuth, vers 1952, moteur avant.Le prototype de Hellmuth Butenuth, vers 1952, moteur avant.

 

– La Champion est une petite deux places ouverte due à l’ingénieur Hermann Holbein, munie d’un moteur de moto 250 cc à l’arrière.

Le châssis est à tube central et la suspension par caoutchouc.

400 exemplaires seront construits de 1948 à 1951.

La Champion s’étoffe en 1952 avec la 400 en cabriolet découvrable, moteur JLO ou Heinkel 400 cc, la vitesse atteint 85 km/h.

Jusqu’en 1955, on en fabrique 4.200 unités.

Entretemps, en 1954, avait été ajouté un break quatre places.

Le modèle est repris par l’usine de motos Maico en 1955.

Le moteur est un Heinkel 452 cc et la carrosserie devient une conduite intérieure deux portes quatre places.

À partir de 1957, Maico abandonne la suspension caoutchouc pour des ressorts acier, mais la production est arrêtée en 1958 après 6.300 exemplaires.

Automne 1947, présentation du prototype Champion, moteur arrière 200 cc.Automne 1947, présentation du prototype Champion, moteur arrière 200 cc.

Champion de production à moteur 250cc (fin 1949)Champion de production à moteur 250cc (fin 1949)

Version 1951 de la Champion 400Version 1951 de la Champion 400

Stand Champion au salon 1954. Coupé deux places et break.Stand Champion au salon 1954. Coupé deux places et break.

Maico 500 (1956)Maico 500(1956)

Maico 500 cabriolet (fin 1957)Maico 500 cabriolet (fin 1957)

 

– L’usine d’aviation Dornier, de Munich, présente en 1955 la voiturette Delta.

Les portières se trouvent sur les faces avant et arrière du véhicule.

Le moteur monocylindrique deux temps se place sous le plancher.

La Delta restera un prototype et servira de base à la Zündapp Janus.

Dornier Delta (1955)Dornier Delta (1955)

 

– Juste après la guerre, Fritz Fend, ingénieur aéronautique, construit à Rosenheim des tricycles monoplaces, destinés aux invalides, les Flitzer.

Il en équipe certains d’un moteur. Il en fera environ 250 exemplaires.

En 1952, Fend étudie une version deux places en tandem de son Flitzer, muni d’un toit en plexiglas et d’un moteur Fichtel & Sachs.

Un accord avec l’usine aéronautique Messerschmidt permet le lancement en série de ce Kabinenroller.

On fera en 1953/54 10.000 exemplaires du KR 175 et de 1956 à 1964, environ 40.000 KR 200.

Ces véhicules ont un indéniable succès et une version sportive à quatre roues, le Tiger ou TJ 500 à moteur 500 cc, apparait également.

Fend Flitzer 1950, monoplace à 3 rouesFend Flitzer 1950, monoplace à 3 roues

Messerschmidt KR-175 de 1953. Le toit en plexiglas sert de portière.Messerschmidt KR-175 de 1953. Le toit en plexiglas sert de portière.

Disposition mécanique du Messerschmidt KR-200.Disposition mécanique du Messerschmidt KR-200.

Messerschmidt KR-200.Messerschmidt KR-200.

 Un Kabinroller Messerschmidt 200 Super pendant une tentative de record à Hockenheim (1955).Un Kabinroller Messerschmidt 200 Super pendant une tentative de record à Hockenheim (1955).

Messerschmidt Tiger à moteur 500 (1958)Messerschmidt Tiger à moteur 500 (1958)

 

– Fulda-Mobil : Cette voiturette trois roues conçue par l’ingénieur Norbert Stevenson est construite à Fulda , en Hesse, dans un atelier de matériel électrique.

Elle apparait au début 1950 sous la forme d’une trois roues à moteur JLO 250 monté à l’arrière.

La carrosserie a une structure en bois recouverte de panneaux.

Cette carrosserie est modifiée en 1953, elle est maintenant composée d’une structure de tubes acier et de panneaux alu.

En 1957, la dernière version de la carrosserie fait appel au plastique.

La fabrication est arrêtée en 1960.

La production à Fulda était de l’ordre de 20 exemplaires par mois, mais en 1954 et 1955, on fabriquera également des Fulda-Mobil à Wilhelmshaven chez Nordwestdeutsch Fahrzeugbau.

La Fulda-Mobil a aussi été produite sous licence à l’étranger, notamment en Grèce, en Angleterre, en Inde, au Chili.

Fulda-Mobil 1950Fulda-Mobil 1950

Fulda-Mobil 1954Fulda-Mobil 1954

 

– L’affaire Hans Glas GmbH de Dingolfing (Bavière) fabrique du matériel agricole depuis une centaine d’années et se lance, avec succès, dans la construction de scooters en 1951.

Glas étudie en 1954 une voiturette à moteur arrière deux cylindres qui sera mise en fabrication au printemps 1955 sous le nom de Goggomobil.

Nous y trouvons un châssis plateforme en tôle et des moteurs de 250 à 400 cc.

Construite entre 1955 et 1969 elle rencontre un grand succès avec environ 280.000 unités produites.

Elle sera aussi fabriquée en Espagne sous licence.

À partir de 1958, l’usine Glas produira également des modèles plus importants, des voitures légères au lieu de voiturettes, puis des berlines moyennes et même des sportives.

Dans certains pays, les Glas seront connues sous le nom d’Isar.

Les usines Glas seront reprises par BMW en 1967.

Prototype Goggomobil 1954 avec entrée par la face avant.Prototype Goggomobil 1954 avec entrée par la face avant.

Goggomobil T-300 1958, disposition mécanique.Goggomobil T-300 1958, disposition mécanique.

Isard 300 c.1956Isard 300 c.1956

Isard Coupé 300/400 1958Isard Coupé 300/400 1958

Isard Coupé décapotable c.1958Isard Coupé décapotable c.1958

Goggomobil Transport 300/400 c.1958Goggomobil Transport 300/400 c.1958

Avec la S-35 Sport Coupé, Glas quitte le domaine voiturettes pour celui de la petite voiture.(1959)Avec la S-35 Sport Coupé, Glas quitte le domaine voiturettes pour celui de la petite voiture.(1959)

 

– En 1954 apparaitront quelques exemplaires d’une trois roues appelée Grewe-Schulte-Derne.


Grewe-Schulte-Derne 1954La Grewe-Schulte-Derne (1954)

 

– L’usine d’aviation Ernst Heinkel AG, de Stuttgart-Zuffenhausen, fabrique après guerre des moteurs et des scooters.

En 1956, elle présente une voiturette trois roues appelée Kabine, à portière sur la face avant et moteur 175, puis 200 cc.

La production s’arrête en 1957 après 6.436 exemplaires.

Au début 1958, Heinkel vend les droits de la Kabin à une firme irlandaise, qui  revendra la licence en Angleterre à Trojan, lequel les fabriquera de 1962 à 1965.

 Un trio de Heinkel à Amsterdam en 1956Un trio de Heinkel à Amsterdam en 1956

Heinkel porte avant ouverte (1956)Heinkel porte avant ouverte (1956)

 

– L’usine de motos Hoffmann, de Düsseldorf, prend en 1954 la licence Isetta et présente la Hoffmann Kabine 250 à moteur deux cylindres opposés provenant de son programme motos.

La porte avant est supprimée et remplacée par une ou deux portes latérales, selon les prototypes, car la voiturette ne sera jamais commercialisée suite à un procès opposant Hoffmann à BMW au sujet de la licence Isetta.

Prototype Hoffmann (1954)Prototype Hoffmann 1954

Structure HoffmannStructure Hoffmann

 

– L’ingénieur Paul Kleinschnittger construit à Arnsberg (Westphalie) une voiturette deux places, à moteur JLO 125 cc et carrosserie aluminium.

On en fera environ 2.000 exemplaires de 1950 à 1954.

Elle sera connue en Belgique sous le nom de Kleinstwagen.

En fin 1954, Kleinschnittger présente un nouveau modèle plus élaboré, une conduite intérieure quatre places à moteur deux cylindres 250 cc.

Seuls 22 exemplaires verront le jour.

L’affaire disparaîtra en 1957.

Kleinschnittger 125 (1952)Kleinschnittger 125 en 1952

Kleinschnittger 125 (vue d’arrière)Kleinschnittger 125 vue d’arrière

Kleinschnittger prototype 2 cylindres 250, vue avantKleinschnittger prototype 2 cylindres 250, vue avant

Kleinschnittger prototype 2 cylindres 250, vue arrièreKleinschnittger prototype 2 cylindres 250, vue arrière

 

– La Kroboth est une voiturette trois roues faite à une cinquantaine d’exemplaires vers 1954/55.

Kroboth (1954)Kroboth (1954)

 

– Willy Meyer, de Vlotho, constructeur de voiturettes d’invalides, présente au début des années cinquante une petite voiture à carrosserie plastique.

La Meyra est entrainée par un moteur JLO de 197 cc qui propulse par chaînes les roues arrière.

On pénètre dans l’auto par une portière placée à la face avant.

Meyra (1956)Meyra 1956

Meyra (1956)

 

– La Pinguin est présentée en 1954 par la Ruhr Fahrzeugbau de Herne (Westphalie).

Il s’agit d’une trois roues de forme aérodynamique et carrosserie aluminium.

Le moteur est un JLO 200 cc entrainant les roues arrière.

Pinguin (1954)Pinguin (1954)

 

– L’Opelit est une petite trois roues présentée par Georg von Opel en 1957 et basée sur une licence Brütsch.

Le moteur n’a que 49 cc.

 

– La Spatz est un roadster d’allure sportive présenté par la firme BAW de Nürenberg.

Son moteur est un Sachs 200 cc.

Peu après, on ajoute au programme un coupé à portes papillon.

Mais la production ne démarre réellement qu’en 1957 quand on transfère la production à l’usine de motos Victoria.

Le moteur devient alors un 250 cc.

Assez chère, elle sera abandonnée en 1958 après environ 1.500 unités construites.

Spatz (1957)Spatz (1957)

Spatz coupé à portes papillonsSpatz coupé à portes papillons

Victoria 250 cc (1958)Victoria 250 cc (1958)

Victoria 250 cc (1958)Victoria 250 cc (1958)

 

– Hans Trippel, le célèbre créateur de véhicules amphibies, présente en 1950 une petite voiture à moteur Zündapp 498 cc monté à l’arrière.

La suspension est en caoutchouc et la forme profilée.

Quelques exemplaires seront fabriqués à Stuttgart par Protek.

On la reverra quelques années plus tard munie d’un moteur Heinkel trois cylindres.

La licence sera vendue en France à la SIOP qui en produira quelques unes en 1953 sous le nom de Marathon.

Il fut aussi question de licences en Hollande et en Norvège.

Trippel SK-10 (1950) Construction ProtekTrippel SK-10 1950 Construction Protek

Trippel (c.1956) moteur Heinkel 3 cylindres 750cc deux tempsTrippel 750 (c.1956) moteur Heinkel 3 cylindres deux temps

 

– La société Wendax, de Hambourg, construit avant la guerre des camionnettes légères à trois roues et présente en 1949 l’Aero WS 700, un roadster à moteur avant JLO deux cylindres de 670 cc, deux temps, entrainant les roues arrière par chaînes.

Une variante à moteur arrière voit aussi le jour.

L’année suivante, Wendax met en fabrication une berline quatre portes à traction avant qui sera faite en quelques exemplaires et même exportée en Belgique.

La finition rustique des Wendax entraine la disparition de la marque en 1951 ou 52.

Wendax Aero WS-700 (1949)Wendax Aero WS-700 (1949)

 La Wendax quatre portes à Bruxelles en janvier 1951, il s’agit ici d’une voiture et plus d’une voituretteLa Wendax quatre portes à Bruxelles en janvier 1951, il s’agit ici d’une voiture et plus d’une voiturette

 

– La puissante usine de motos de Nürenberg, Zündapp, reprend en 1957 le prototype Dornier et en fait la Janus 250.

On y trouve quatre places dos à dos, avec une portière à l’avant et une à l’arrière.

Le moteur monocylindrique horizontal de 248 cc est placé au centre du châssis et transmet sa puissance par chaînes aux roues arrière.

La carrosserie est une coque acier.

Zündapp en fera environ 6.900 exemplaires jusqu’en 1958.

Zündapp Janus (1957)Zündapp Janus (1957)

Tous ces véhicules proviennent soit de petits constructeurs, soit d’usines exclusivement motocyclistes.

 

– Avec BMW, nous avons un important constructeur tant automobile que motocycliste qui s’essaie à la voiturette légère.

BMW prend la licence de l’Isetta et la motorise avec des éléments tirés de sa gamme motos.

La voiturette aura du succès, on en fera 160.000 de 1955 à 1962.

De plus, BMW développe sur cette base Isetta une voiturette à quatre places, la 600.

Le moteur est un deux cylindres 582cc.

Elle sera fabriquée à 35.000 unités de 1957 à 1959.

Ses éléments mécaniques serviront de base à la 700, le premier grand succès automobile BMW de l’après-guerre.

BMW Isetta c.1956, moteur 250 ou 300 ccBMW Isetta c.1956, moteur 250 ou 300 cc

Aménagement Pick-Up d’une Isetta BMWAménagement Pick-Up d’une Isetta BMW

BMW 600 (1957)BMW 600 (1957)

BMW 600 (1957)BMW 600, portes ouvertes

Châssis de la BMW 600Châssis de la BMW 600

 

– La Lloyd est une émanation du groupe Borgward qui ressuscite pour elle une ancienne marque.

Ici aussi, il s’agit d’une importante entité industrielle qui se lance dans la voiturette.

La Lloyd LP 300 apparait à l’été 1950 et sera construite à plus de 18.000 exemplaires.

La LP 300 est une traction avant à moteur bicylindres, deux temps, de 193 cc.

Le châssis est à tube central et les quatre roues indépendantes.

La carrosserie à quatre places comporte une structure bois recouverte de simili cuir.

Elle sera surnommée Leukoplastbomber (la bombe en plastique), car très légère et rapide pour sa cylindrée (75 km/h).

En 1953, la LP 300 deviendra la LP 400 à moteur plus puissant et carrosserie acier.

Elle devient ainsi plus une voiture légère qu’une voiturette.

Lloyd LP 300 exposée à Bruxelles en 1952Lloyd LP 300 exposée à Bruxelles en 1952

Lloyd LP 300 en camionnetteLloyd LP 300 en camionnette

Lloyd LP 400 (1955)Lloyd LP 400 (1955)