L’AUTOMOBILE EN CARTES POSTALES

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Les premières cartes postales datent de la deuxième moitié du XIX siècle, mais leur apogée fut atteinte entre 1895 et 1930.Tous les thèmes possibles ont été abordés, celui de l’automobile étant particulièrement vaste.


Sujet important : la publicité.

Les automobiles De Dion Bouton présentaient en 1905 ce joli dessin d’un tonneau 8 CV s’apprêtant à rejoindre l’usine de Puteaux.

Vers 1913, Benz, à Mannheim, montrait une jolie dame tenant dans ses bras une superbe voiture rouge, la légende disant « avoir sa Benz !! » sous-entendu est le summum du bonheur.

Plus sérieux, le costaud Willème « nez de requin » en tracteur LC 610T est un des nombreux modèles de la gamme des années cinquante.

Egalement des années cinquante, une publicité de la jolie Karmann-Ghia, version luxueuse de la coccinelle VW.

La publicité fait aussi appel à l’histoire. Ainsi Mercedes-Benz, dans les années cinquante, fit dessiner une série de cartes à sujets historiques par un artiste célèbre, Hans Liska, ici une trois roues Benz circulant à Mannheim en 1888.

« Crever… devient un plaisir avec Elevator », pub des années vingt vantant un cric capable de lever la voiture en soixante secondes.

De la fin des années vingt, cette très jolie publicité du pneu Englebert dessinée par un excellent artiste français, René Vincent.

Certaines petites entreprises utilisaient des cartes postales pour se faire connaître. Ainsi cette carte annonce que le garage Tony-Merlot, de Verviers, loue de belles autos pour les excursions et les cérémonies. La voiture illustrée semble être une Imperia 12 HP de 1920-21.

Quant à Walter Gheysens, chaussée de Gand à Courtrai, il vend des motos. Il est sans doute agent FN, car la carte est illustrée par une 500 cc M-67B de la fin des années vingt.

Les cartes postales sont aussi très utilisées pour les évènements sportifs.

Rien que pour les coupes Gordon Bennett on doit compter des centaines de cartes, montrant les voitures, les vues et particularités des circuits, les pilotes.

Cette carte montre le circuit d’Auvergne où se tint la coupe en 1905.On voit les tribunes et des voitures prêtes à partir.

Ici nous avons le fameux pilote belge Pierre de Caters au volant de sa Mercedes à la coupe 1904 qui se tint au Taunus. Il termina troisième de l’épreuve.

Outre les courses de vitesse, on vit nombre de rallyes et de grands raids tant nationaux qu’internationaux. Un des plus célèbres est le raid Pékin-Paris qui eut lieu en 1907. La carte immortalise deux De Dion Bouton en Sibérie, à Irkoutsk. L’épreuve fut remportée par l’Itala du Prince Borghèse.

Nous sommes au Grand Prix d’Espagne à San Sebastian en 1929. L’équipe Alfa Romeo est devant son stand, peu avant le départ.

Autres évènements faisant appel à la carte postale : les expositions, foires et salons.

Une exposition se tint à Liège en 1904 et elle avait, entre autres, une section auto et cycle. Voici le stand de la marque locale de Cosmo, malheureusement éphémère et qui fut créée par un ancien ingénieur de la FN.

Une exposition à dominante agricole eut lieu à Bourges, en France, vers 1907. A côté de toutes les machines agricoles imaginables, certains stands présentaient des moteurs et des camions comme celui de Lorraine Dietrich à Lunéville.

Les évènements politiques et militaires se rencontrent aussi bien sûr.

Sujet intéressant pour nous, les véhicules militaires. Nous voyons ici une auto mitrailleuse belge en action sur le front de l’Yser, à Dixmude. Le véhicule est un blindé monté sur châssis de la marque anversoise SAVA. L’usine eut le temps d’en sortir quelques exemplaires avant qu’Anvers ne tombe.

Le sujet de cette carte postale est le Congo Belge. Elle illustre la difficulté des déplacements dans ce pays. La Chevrolet 1931 des missionnaires de Scheut est en panne dans une rivière.

Les cartes postales ne sont pas toujours éditées par une entreprise. Certains particuliers y vont de leur petite série, par exemple pour faire admirer aux amis et connaissances leur nouvelle auto.

Ce couple pose fièrement devant la nouvelle FN 1300 à carrosserie cannée.

Les nombreuses fêtes jalonnant l’année sont l’occasion de saluer la famille et les amis.

Comme ces voeux de nouvel an du début du siècle sont accompagnés par un joli dessin très frais mais aussi un peu naïf.

Pour cette carte de Joyeuses Pâques, on a choisi un jouet Citroën de 1925 qui porte un poussin et un oeuf.

Les anniversaires ne sont pas oubliés, cette carte « Gelukkige Verjaardag » des années 1907-08 envoie à son heureux destinataire une voiture pleine de fleurs.

On a également beaucoup édité de cartes à sujets humoristiques.

« La Remorque » n’est autre qu’une auto en panne tirée par un cheval. Les passagers sont très contrariés et les spectateurs regardent la scène d’un air goguenard.

Une excursion en char à bancs pendant laquelle les touristes s’arrêtent et visitent tous les endroits intéressants, surtout les bistrots..

Beaucoup de cartes sont à sujet touristique, les voyageurs les envoient aux parents restés au pays. Certaines de ces cartes sont agrémentées par la présence de voitures.

Carte d’un hôtel de Kemmel devant laquelle se trouve une rare Pic Pic (Picard-Pictet), voiture suisse de 1912-13, équipée d’un moteur sans soupapes.

La vue générale de Tourettes-sur-Loup, à la Côte d’Azur, est largement améliorée par la présence d’une superbe Hispano-Suiza Alfonso XIII, une des meilleures voitures sportives de l’avant 1914.

Un prosaïque taxi Citroën vient d’amener des clients au restaurant chinois du Parc de Laeken.
En 1926 un grand nombre de taxis bruxellois étaient des Citroën.

Parking du restaurant de la Forêt, au Touquet Paris Plage en 1929-30. De droite à gauche, on distingue une Chenard-Walker, une Donnet, une Voisin, une Hotchkiss semble-t-il, une Talbot, et plus loin une Citroën B-14.

Parking de la Butte du Lion de Waterloo vers 1952-53. On y distingue une Buick, une Studebaker, une Peugeot 202, une Austin A 40, une Cadillac, une Fiat 1400. Assez bon résumé du parc automobile belge de l’époque.

Texte et archives de Jacques et Yvette Kupélian