SPA ET LE SPORT AUTOMOBILE

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Spa, coquette ville d’eaux, était depuis le début du XVIII siècle un lieu de villégiature renommé parmi la clientèle huppée européenne.

Il n’est donc pas étonnant qu’elle fût le point de départ du sport automobile belge, les toutes premières voitures étant l’apanage de la clientèle aisée habituée de la ville d’eaux.


La première manifestation automobile du pays eut lieu à Spa en 1896.

On y vit huit participants qui, durant trois jours, tinrent une exposition, défilèrent en longchamps fleuris et participèrent à divers jeux d’adresse. Il s’agissait alors de démonstration et non de compétition.

La première course automobile belge se tint en 1898 avec départ à Bruxelles et arrivée à Spa.

Plusieurs dizaines de conducteurs prirent part à l’épreuve, le vainqueur fut de Crawhez sur sa Panhard appelée familièrement la Dévastation, cela à 26 km/h de moyenne.

N°01.

(Photo 01) Départ de la course Bruxelles-Spa en 1899. Une Panhard en tête.

Au vu du succès, Spa devint chaque année, à partir de 1899, le lieu d’un meeting important de plusieurs jours avec courses, courses de côte, concours d’adresse.

Le journal La Meuse créa de son côté une coupe portant son nom et comportant diverses épreuves de régularité courues dans les environs de Spa.

N°02.

(Photo 02) Meeting de Spa 1900. Départ de la course Spa-Bastogne-Spa. Deux Germain 6 CV.

Ces compétitions spadoises étaient réservées essentiellement à des voitures dérivées des véhicules de tourisme que l’on pouvait acquérir sur le marché.

N°03.

(Photo 03) Départ d’une épreuve depuis Spa. Une Saventhem-Belgica est encadrée par deux Minerva. A l’arrière plan, une Germain et une Nagant.

Les courses de vitesse réservées à des engins spécifiques construits par les usines se tenaient au Circuit des Ardennes de 1902 à 1907. Des Grand Prix furent repris par le RACB en 1912 et 1913 mais il s’agissait alors d’épreuves de régularité. Ni le Circuit des Ardennes, ni les GP du RACB n’avaient Spa comme pivot.

Les meetings de Spa et les Coupe de la Meuse continuèrent avec succès jusqu’à la guerre de 1914.

Après la fin de la première guerre mondiale, le journaliste Jules de Thier rechercha en Belgique un endroit convenant à un circuit pour épreuves de prestige.

Il le trouva au triangle Francorchamps, Malmédy ; Stavelot, cela tout près de Spa. Le circuit mesurait environ 15 kilomètres, était tracé dans une région accidentée et dans un paysage superbe, comprenant des zones de virages serrés mais aussi des lignes droites susceptibles de vitesses très élevées.

Le circuit fut prêt en 1921 mais la première épreuve qu’il vit fut un Grand Prix de motos.

En 1922, le RACB organisa un Grand Prix pour voitures de tourisme, il s’agissait d’autos à quatre places étroitement dérivées de la série, le vainqueur fut de Tornaco sur Imperia-Abadal qui réalisa 88,9 km/h de moyenne sur les 40 tours de l’épreuve.

N°04.

(Photo 04) Le vainqueur de la première épreuve automobile tenue sur Spa-Francorchamps en 1922, le baron de Tornaco sur Imperia-Abadal 3 litres.

Il n’y eut pas de course en 1923, mais 1924 vit apparaître la première édition des célèbres 24 Heures inspirées de celles du Mans.

Les voitures devaient être des autos de catalogue mais on autorisait quelques modifications.

Les concurrents étaient divisés en catégories basées sur la cylindrée.

On inaugurait aussi la Coupe du Roi (bien qu’une Coupe du Roi existait déjà aux Grands Prix d’avant 1914), elle récompensait l’équipe de trois voitures de la même marque les mieux classées, les postulants devant se déclarer avant le départ. Citroën remporta la Coupe du Roi (à une moyenne de 56 km/h).

N°05.

(Photo 05) Les vainqueurs des premières 24 Heures de Francorchamps en 1924, Springuel-Becquet sur Bignan

N°06.

(Photo 06) L’équipe Citroën qui remporta la Coupe du Roi en 1924

La victoire au classement général (ainsi qu’en catégorie deux litres) revint à la Bignan de Springuel-Becquet à 78,3 km/h de moyenne.

En 1925 le circuit revit les 24 Heures mais en plus on eut le Grand Prix d’Europe, épreuve de vitesse pour voitures de course. La victoire revint à l’Alfa Romeo deux litres, type P2 d’Ascari qui réalisa une moyenne de 119,3 km/h.

N°07.

(Photo 07) Une des Delage deux litres du Grand Prix d’Europe en 1925.

Les 24 Heures revinrent à Francorchamps de 1926 à 1930. Nous remarquerons spécialement la victoire, en 1927, de l’Excelsior belge de Senechal-Caerels à 92 km/h de moyenne, mais de 1928 à 1930 l’épreuve fut dominée par Alfa Romeo.

N°08.

(Photo 08) L’équipe FN qui remporta la Coupe du Roi 1925

N°09.

(Photo 09) L’Excelsior gagnante des 24 Heures de 1927

N°10.

(Photo 10) Aux 24 Heures 1930, les trois premières places revinrent aux Alfa Romeo 6C 1750

En 1930 se tint une nouvelle édition du Grand Prix d’Europe qui se courait «à la consommation», cette dernière ne devait pas dépasser 14 kg (essence huile) aux 100 km et les voitures devaient peser au moins 900 kg. La victoire revint à la Bugatti 35 B de Louis Chiron à 115,9 km/h de moyenne.

N°11.

(Photo 11) Grand Prix d’Europe 1930 : victoire de Chiron sur Bugatti huit cylindres 2,3 litres

Au cours des années trente, il y eut encore des épreuves d’endurance sur 24 heures mais certaines années elles furent réduites à 10 heures. Après la victoire d’Excelsior, les voitures de construction belge ne remportèrent plus de victoire à la distance mais plusieurs fois la Coupe du Roi grâce à Imperia et FN.

Il y eut régulièrement des Grand Prix de vitesse au cours des années trente. On y vit briller des Alfa Romeo, Maserati, Bugatti, Mercedes-Benz, Auto Union et les plus importants pilotes de l’époque comme Nuvolari, Chiron, Sommer, Varzi, Dreyfus, Fagioli, Caracciola, von Brauchitsch, Hasse, Stuck, Lang, Seaman.

Les vitesses moyennes montaient d’année en année pour arriver en 1937 à 167 km/h pour l’Auto Union de Hasse et 152 pour la Mercedes de Lang en 1939. (Entre-temps les formules avaient changé)

N°12.

(Photo 12) Grand Prix de Belgique de Vitesse 1933 : Nuvolari vainqueur sur Maserati 8 CM

N°13.

(Photo 13) Grand Prix du RACB, 10 Heures de Francorchamps 1934. Roadster Studebaker en catégorie 3 à 4 litres

N°14.

(Photo 14) 24 Heures 1936 : la Coupe du Roi revient aux Rennlimousine Adler

N°15.

(Photo 15) Grand Prix de vitesse 1937 : victoire de Hasse sur Auto Union seize cylindres

N°16.

(Photo 16) 24 Heures 1938 : la Delage 3 litres de Gerard-Monneret.

N°17.

(Photo 17) Grand Prix de vitesse 1939 : l’accident mortel de Richard Seaman sur Mercedes-Benz 3 litres

Puis vint la guerre, le circuit subit des détériorations mais put être remis en service pour le Grand Prix d’Europe de 1947 qui se tenait sur une distance de 500 km.

Ce fut un triomphe Alfa Romeo qui prit les trois premières places avec des Alfetta de 1500 cc datant d’avant guerre, le meilleure moyenne fut celle de Wimille à 153,4 km/h.

N°18.

(Photo 18) Grand Prix de 1947 : victoire de Wimille sur Alfa Romeo 158

1948 vit le retour des 24 Heures, 41 voitures prirent de départ, beaucoup dataient d’avant la guerre,la victoire revint à l’Aston Martin de Horsfall-Johnson à 115,5 km/h de moyenne et la Coupe du Roi fut attribuée à l’équipe HRG.

N°19.

(Photo 19) L’équipe HRG qui remporta la Coupe du Roi aux 24 Heures 1949

Les 24 Heures se déroulèrent encore en 1949 et 1953, mais la formule s’essoufflait, on décida de les abandonner et de consacrer le circuit surtout aux courses de vitesse.

Ces dernières eurent de grands succès avec les Grand Prix de Belgique de vitesse et un Grand Prix d’Europe en 1952. Ces épreuves virent rouler les meilleures voitures de course de l’époque, Alfa Romeo,Ferrari,Talbot,Gordini,Cooper,HWM,Maserati,Mercedes-Benz,Vanwall etc.. pilotées par les plus prestigieux conducteurs comme Rosier,Villoresi,Ascari,John Claes,Farina, Levegh,Pilette,Paul Frère,Manzon,Bira,Trintignant,Schell,Moss,Gonzales ou Fangio.

N°20.

(Photo 20) Grand Prix de vitesse 1950, formule I. Ferrari 1500 à compresseur de Villoresi.

N°21.

(Photo 21) Grand Prix d’Europe 1952 : une des Cooper Bristol

N°22.

(Photo 22) Grand Prix de Belgique 1954, Behra sur Gordini

N°23.

(Photo 23) Grand Prix de Belgique 1956, Paul Frère sur Ferrari (voiture dérivée de la Lancia D-50)

Au cours des années cinquante, le circuit vit aussi quelques épreuves de vitesse destinées aux voitures de série mais le succès ne fut pas éclatant.

N°24.

(Photo 24) Grand Prix des voitures de série 1952, l’équipe Oldsmobile avec notamment Paul Frère qui remporta l’épreuve.

Il fallut attendre 1964 pour revoir les 24 Heures sous forme d’une épreuve réservée aux voitures de tourisme améliorées, ceci à la suggestion de Paul Frère.

La première édition de ces nouveaux 24 Heures fut remportée par la Mercedes-Benz de Crevits-Gosselin, la Coupe du Roi revenant à l’équipe Glas.

2004 Spa-Francorchamps.<br/>

Depuis lors le succès des 24 Heures ne s’est pas démenti. En 2001, les organisateurs des 24 heures de Spa ont décidé d’ouvrir l’épreuve aux très spectaculaires FIA/GT, en remplacement des voitures de tourisme. À l’instar de la période « voitures de tourisme », les 24 Heures de Spa FIA/GT sont immédiatement devenues l’épreuve phare de ce championnat.

Bien entendu, les courses de vitesse continuent à se dérouler sur le circuit spadois, comme les prestigieuses Formule I qui firent récemment couler beaucoup d’encre. Mais, outre les épreuves officielles et les journées d’essais ouvertes aux pilotes, et grâce au prestige du circuit auprès du public, (les infrastructures du circuit sont accessibles de novembre à mars pour la réalisation de manifestations festives ou promotionnelles en tous genres), le circuit de Spa Francorchamps est rarement inoccupé.

2006 Spa Historic Grand Prix.

En conclusion, Spa, a été le point de départ du sport automobile en Belgique dès la fin du XIX° siècle et, plus d’un siècle plus tard, garde une place privilégiée dans le monde du sport automobile. Les meilleures voitures et les meilleurs pilotes mondiaux continuent de s’affronter régulièrement sur ce que beaucoup considèrent comme le plus beau circuit du monde.

2006 Spa Historic Grand Prix.

Palmares des 24 H de Spa Francorchamps 1964 – 2006 : Les vainqueurs du classement général : (*: A partir de 1979, le nouveau tracé est employé)

ANNEES VOITURES PILOTES DISTANCE VITESSE MOYENNE
1964 Mercedes 300 SE Crevits – Gosselin 3,962,100 164,825
1965 BMW 1800 Ickx P.- Langlois G. 3,812,591 158,855
1966 BMW 2000 TI Hahne H.- Ickx J. 4,048,368 168,681
1967 Porsche 911 Gaban J.P.- « Pedro » 4,052,883 168,867
1968 Porsche 911 Kremer – Kelleners H.- Kauhsen W. 4,004,827 166,867
1969 Porsche 911 Chasseuil G.- Ballot Lena CL. 4,272,231 178,010
1970 BMW 2800 CS Huber – Kelleners H. 4,252,407 177,183
1971 Ford Capri RS Glemser D.- Soler Roig A. 4,385,100 182,690
1972 Ford Capri RS Stuck H.- Mass J. 4,498,436 187,431
1973 BMW 3.0 CSL Hezemans A.- Quester D. 4,422,980 184,290
1974 BMW 3.0 CSi Xhenceval J.- Peltier A. 4,147,289 172,804
1975 BMW 3.0 CSi Xhenceval J.- de Fierlant H. 4,249,270 177,053
1976 BMW 3.0 CSL Detrin – “Chavan” – Demuth 4,087,904 170,329
1977 BMW 530 IUS Joosen E.- Andruet J.C. 4,083,835 170,159
1978 Ford Capri Spice G.- Pilette T. 4,315,594 179,816
1979* Ford Capri Martin J.M.- Martin Ph. 3,083,632 128,485
1980 Ford Capri Martin J.M.- Martin Ph. 2,952,318 123,013
1981 Mazda RX-7 Walkinshaw T.- Dieudonné P. 3,183,952 132,737
1982 BMW 528i Hahne A.-Heyer H.- Joosen E. 3,132,224 130,808
1983 BMW 635 CSI Tassin T.- Heyer H.- HahneA. 3,333,726 130,808
1984 Jaguar XJS Walkinshaw T.- Heyer H.- Percy 3,055,485 131,091
1985 BMW 635 CSI Ravaglia – Berger – Surer M. 3,470,000 144,344
1986 BMW 635 CSI Quester – Heger – Tassin T. 3,463,060 144,232
1987 BMW M3 Van de Poele E.- Martin J.M.- Theys D. 3,338,140 139,908
1988 BMW M3 Heger – Quester – Ravaglia 3,532,460 146,929
1989 Ford Sierra Cosworth Brancatelli-Schneider-Percy 3,338,140 139,130
1990 BMW M3 Cecotto J.- Giroix – Oestreich 3,247,920 135,330
1991 Nissan Skyline GTR Olofsson – Hattori – Brabham G. 3,587,980 149,456
1992 BMW M3 Martin J.M.- Soper S.- Danner C. 3,560,220 148,947
1993 Porsche 911 RSR Fittipald C.- Jarier J.P.- Alzen 2,154,904 144,667
1994 BMW 318is Tassin T.- Ravaglia – Ravaglia 3,625,960 151,047
1995 BMW 320i Soper S.- Winkelhock M.- Kox P. 3,612,532 150,531
1996 BMW 320i Muller – Burgstaller – Tassin T. 3,507,821 145,956
1997 BMW 320i de Radigues – Duez M.- Hélary E. 3,372,680 140,252
1998 BMW 318i Duez M.- Cudini A.- Van de Poele E. 3,344,807 139,344
1999 Peugeot 306 GTI Bouvy F.- Collard – Beltoise 3,428,427 142,588
2000 Peugeot 306 GTI Bouvy F.- Mollekens K.- Defourny 3,330,870 138,686
2001 Chrysler Viper Duez M.- Bouchut C.- Belloc S. 3,679,104 152,999
2002 Chrysler Viper Vosse V.- Bouchut C.- Terrien – Bourdais 3,654,059 152,019
2003 Porsche 911 GT3 RS Ortelli S.- Lieb – Dumas 3,327,613 138,557
2004 Ferrari 550 Maranello Cappellari – Gollin – Bryner – Calderari 3,892,608 161,974
2005 Maserati MC12 GT1 Van de Poele E. – Bartels – Schneider 4,000,896 166,630
2006 Maserati MC12 GT1 Van de Poele E. – Bartels – Bertolini 4108,86 171,202

2006 Proximus 24 Hours.

Calendrier provisoire du circuit de Spa-Francorchamps (12/2006)

MAI 2007

18, 19, 20: Bikers Festival

25, 26, 27: Porsche Club Francorchamps

JUIN 2007

2, 3: Spa Italia

10: 12 Heures de Spa BTCS

15, 16, 17: Spa Euro Race

22, 23, 24: A attribuer

JUILLET 2007

1: Bikers Classics

7, 8: 25H VW FUN Cup

14, 15: Rencontres Peugeot Sport

21, 22: Porsche Sport Cup

26, 27, 28, 29: 24 hours of Spa

AOUT 2007

4, 5: Spa ADAC Races

11, 12: Spa Superbike

18, 19: 1000 Km of Spa-Francorchamps

25, 26: RMU Classic

SEPTEMBRE 2007

14, 15, 16: Belgian Formula 1 GP

23: Trial World Championship

29, 30: Francorchampagne

OCTOBRE 2007

6, 7: Spa six hours

13, 14: Racing Festival

21, 22: A attribuer

 

Texte et archives de Jacques et Yvette Kupélian