Mort annoncée d’une usine : 4.000 pertes d’emplois chez Volkswagen Bruxelles.

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Les travailleurs de Volkswagen Bruxelles en avaient l’habitude. Régulièrement, on parlait de réduction de la production ou, pire encore, de la fermeture du site.

Le 21 novembre 2006, le couperet est tombé : Volkswagen supprime 4.000 emplois (3500 ouvriers et 500 employés) sur son site de Forest.

Volkswagen Brussels (1995).

Volkswagen, comme la plupart des constructeurs, souffre d’une surcapacité de production en Europe Occidentale, et à chaque poussée de fièvre, les travailleurs de Volkswagen Bruxelles attendaient avec une certaine anxiété les décisions de Wolfsburg, car malgré un personnel très spécialisé et de grande qualité et une situation géographique centrale, la législation sociale belge rend le site de Forest un des plus chers du point de vue des coûts salariaux.

Volkswagen Brussels (2005).

De nombreuses fois déjà, le personnel avait consenti des efforts afin d’assurer la pérennité du site. Malheureusement, cela n’aura pas suffit.

Volkswagen Brussels (2005).

Le 21 novembre 2006, il a été décidé de transférer la ligne de production de la Golf vers les sites allemands de Mosel et de Wolfsburg, ce qui entraîne une perte de 4.000 emplois directs sur le site de Bruxelles.

Volkswagen Mosel-Zwikau (2004).
Volkswagen Wolfsburg (1999).

La production de la Polo reste jusqu’à nouvel ordre maintenue à Forest, ce qui permet à environ 1.400 personnes de garder leur emploi. Malheureusement, les Polo produites à Bruxelles sont celles qui ne pouvaient pas être produites ailleurs, ce qui laisse présager que, si la demande faiblit, l’usine de Forest fermerait ses portes.

Volkswagen Brussels (1955).

Cependant, d’après la direction de Wolfsburg, il n’est nullement question de fermer l’usine de Forest. Il faut espérer que de nouveaux modèles apparaissent rapidement afin d’assurer la survie de l’usine.

Volkswagen Brussels (1955).
Volkswagen Brussels (1955).

Par contre, les plus alarmistes prétendent que les dirigeants allemands agissent d’une façon machiavélique et veulent fermer le site en 2 étapes.

1ère étape : On ne ferme pas le site, mais on procède au licenciement d’un maximum de travailleurs, afin de ne pas devoir débourser la fameuse prime Renault, apparue après la fermeture de Renault Industries Belgique à Haren (Bruxelles).

2ème étape : Après quelques mois/années de production de modèles en sous capacité, les quelques centaines de travailleurs qui subsisteront encore seront licenciés et Volkswagen ne devrait alors payer la prime Renault sur le 1/3 de l’effectif actuel. Et tout se passerait en toute légalité.

Volkswagen Brussels (1959).

Heureusement, on n’en est pas encore là, mais la vigilance est certainement de rigueur…

Les syndicats et la direction de l’usine entameront dès demain des négociations concernant les mesures sociales d’accompagnement.

Pour le personnel, mais aussi pour toute la région, c’est un énorme drame humain qui se joue. Résignation, impuissance, déception, frustration et colère sont les sentiments dominants chez les travailleurs, qui jusqu’à présent réagissent dignement.

Volkswagen Brussels (1976).

Les politiciens se disent surpris, abasourdis et indignés, mais se disent totalement impuissants face aux décisions du groupe VAG.

De plus, dernièrement encore , le gouvernement de la région Bruxelloise a investi pour assurer la pérennité de l’usine (Automotive Park). N’a-t-il point eu des garanties de VW lors des pourparlers et récupérera-t-il seulement sa mise, ses largesses ?

A côté des pertes d’emplois directes, la restructuration (ou doit-on dire la mort annoncée de l’usine de Forest) aura également des conséquences néfastes chez les sous-traitants et dans les commerces de proximité. Le coût social total devrait s’élever à 12.000 pertes d’emplois.