Renault expérimente le son de ses futurs véhicules

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Outre le son des clignotants, du signal d’alerte d’oubli de ceinture de sécurité, des bips du radar de recul, se pose à présent la question du son d’un véhicule électrique qui par nature est silencieux, mais la sécurité des piétons l’exige.

Bien que l’étude de ces signaux sonores peut apparaître anodine, elle en réalité le fruit d’un travail rigoureux. Renault en fait l’étude.

Les sons de l’habitacle

Pourquoi travailler sur les sons que l’on entend à l’intérieur d’une voiture ? De quels sons parle-t-on exactement ? Et comment fabrique-t-on ces sons ? Autant de questions qu’on ne se pose pas tous les jours.

Pourtant, elles sont centrales pour construire l’expérience globale de vie à bord d’un véhicule. À la direction du Design Renault, elles sont donc fondamentales. Non seulement pour la bonne compréhension des messages délivrés mais aussi pour renforcer l’identité de la marque à travers ces éléments sonores.

L’intention des sons

Le travail sur le design sonore à l’intérieur de l’habitacle porte sur trois grandes familles de sons :

      1. Les sons dits « réglementaires », qui informent ou avertissent, comme les clignotants ou l’alerte d’oubli de ceinture de sécurité.
      2. Les sons d’aide à la conduite, comme le radar de recul ou l’alerte de franchissement de ligne.
      3. Les sons dits « multimédia », qui répondent aux actions effectuées sur l’écran central.

Il est important d’élaborer une stratégie de design sonore pour plusieurs raisons.

      • D’abord pour proposer une « expérience utilisateur unique », en trouvant le bon équilibre entre le son et d’autres stimuli visuels ou tactiles. Ces sons doivent évidemment être agréables pour l’utilisateur mais aussi délivrer les bons messages, à savoir : informer, confirmer, avertir ou alerter.
        Instinctivement interprétés, ils permettent au conducteur d’adapter son comportement de façon adéquate.
      • Ensuite, pour créer un univers sonore identitaire spécifique à la marque Renault. L’ensemble des éléments sonores qui animent l’habitacle et les écrans des véhicules permettent en effet de renforcer l’identité de la marque à l’instar d’une signature lumineuse ou d’un slogan publicitaire.
        L’objectif est de provoquer des émotions en offrant une expérience de conduite positive et agréable, au diapason du son.
Les sons du futur

Le département expérience utilisateurs du Design Renault travaille actuellement sur une toute nouvelle génération de sons intérieurs, ceux des véhicules de série qui verront le jour dans les années à venir en commençant par la Mégane E-TECH Electric. Comme dans un processus de design industriel classique, le travail sur le design sonore s’effectue sur la base de « sketches sonores » réalisés pour chaque son, en fonction d’une direction artistique globale et du type de message à transmettre.

Ce travail est réalisé à partir d’une sonothèque constituée de bruitages enregistrés. Pour incarner la bienveillance et composer des sons agréables, la nature s’est très vite imposée comme source d’inspiration principale. « Nous avons travaillé à partir d’une palette de sons inspirés de la nature : des sons de morceaux bois frottés l’un contre l’autre, de percussions, de graines qui s’écoulent, de gouttes d’eau… »

Ensuite, ces matériaux sonores sont stylisés et mixés avec des logiciels de traitement de son, puis testés par des utilisateurs cibles qui font part de leur ressenti. Tel son est ainsi jugé trop « sombre », trop « sec », tel autre, trop « plastique » ou trop « mélodique ».

En fonction des retours utilisateurs, les sons sont retravaillés, sculptés, taillés, coupés… en veillant à ce qu’ils répondent toujours à la stratégie préalablement établie, basée sur la bienveillance, et au cahier des charges initial.
Le tout en étroite collaboration avec d’autres départements comme le Produit, l’Ingénierie et le Marketing.

La refonte complète du design sonore des futurs véhicules Renault est en passe d’être achevée.
Le résultat sera audible à bord des nouveaux modèles de la gamme dès l’année prochaine.

La « voix » des véhicules électriques

Dès le début du développement des premiers modèles électriques Renault, une série de questions inédites et passionnantes s’est posée à propos de leur silence de fonctionnement si caractéristique.
Comment prévenir les piétons de l’arrivée d’un véhicule dont le moteur n’émet quasiment aucun bruit sans devoir utiliser le bruit « agressif » du klaxon ?
Et, par conséquent, comment produire un son d’alerte à la fois efficace et bienveillant ?
Bref, comment créer un design sonore identitaire de l’électrique tout en étant propre à la marque ?

« Ce qui frappe, à bord d’une voiture électrique, c’est son silence.
C’est pourquoi nous souhaitons habiller ce silence d’une voix. » 

Laurent Worms, responsable de la stratégie audio chez Renault Group, nous détaille ci-après le processus de création d’un tel son appelé VSP (Vehicule Sound Pedestrian, ou son d’alerte piétons).
Et pour explorer la voix des véhicules électriques du futur, une visite à l’Ircam (Institut de recherche et coordination acoustique musique), partenaire de Renault depuis 1994, s’impose !
L’Ircam a travaillé dès 1994 sur des sujets aussi variés que la qualité sonore des moteurs, les alertes audios, la sonorisation de l’habitacle et la signature externe des véhicules.

A noter que Laurent Worms a effectué ses premières armes à l’Ircam avant de rejoindre Renault sur le sujet de l’acoustique appliquée.

Le son du silence

Dès ses premiers concept-cars électriques, Renault s’était inscrit en pionnier du développement d’un VSP spécifique. La concrétisation est venue en 2012, avec la version de série de ZOE, dont le son d’alerte devait signifier « je suis électrique, je suis avant-gardiste, je suis une Renault ».
Mais il fallait un son qui soit aussi associé à Renault et à ses valeurs centrées sur l’humain ; un son identitaire qui serait déployé plus tard sur les autres modèles électriques Renault. « L’idée c’est bien entendu de prévenir les piétons sans leur faire peur ! Tout en associant positivement cette alerte à la voiture électrique et à la marque Renault. », précise Laurent Worms.

Aujourd’hui, Renault prépare une nouvelle génération de modèles électriques, qui seront notamment issus des show-cars Mégane eVision et R5 Prototype. Il s’agit de poursuivre l’histoire et d’inventer pour elles le son extérieur de demain.
Un son qui est développé, comme les premiers, dans les studios et les labos feutrés de l’Ircam.

Une partition bien transcrite, des instruments bien accordés

Le design sonore est un travail d’équipe. Il demande vision et technicité, patience et minutie. Il associe de nombreux métiers et mobilise aussi des partenaires et experts extérieurs pour aboutir à la création d’un VSP.

Pour les sons des futurs modèles électriques Renault, il fallait garder la filiation historique avec les réalisations précédentes, tout en évoluant.

La première étape d’un projet de cette envergure consiste à répondre à la question : quelle est la personnalité requise et souhaitée pour le son extérieur ?

Le travail de transmission de ces données initiales s’effectue par des séances d’explicitations (brief) des différentes dimensions sur la base de supports tels que des mots, des images, voire des références sonores ou même des sons.

Il faut ensuite traduire les intentions exprimées en fabriquant des matières sonores à l’aide d’instruments et de sons réels (enregistrés) ou créés de toutes pièces par synthèse informatique, tout en appliquant les règles harmoniques fondamentales.
On sait par exemple qu’un accord majeur ou consonant va créer – mieux qu’un autre – une sensation d’apaisement ou de joie…
A l’inverse, une dissonance, même légère, sur ce type d’accord va immédiatement suggérer une tension et mettre en alerte.
Une dualité forcément intéressante pour un son comme un VSP.
Le designer sonore compose donc avec ces matériaux sonores en les mixant harmonieusement.

Viennent ensuite les rythmes et modulations qui vont permettre d’assumer l’une des composantes fondamentales du VSP qu’est l’interactivité sonore, en s’adaptant aux mouvements de la voiture et en contribuant ainsi à concevoir un son identitaire, vivant, unique et dynamique.

Un orchestre bien dirigé

Après les étapes de recherche, plusieurs directions ou propositions finissent par se dessiner.

A ce stade, des questions voire des doutes ne manquent pas d’apparaître. Chacun risque de construire son appréciation sur ses goûts propres. C’est le premier écueil.

L’autre piège est de vouloir concilier tous les avis … forcément inconciliables. Aussi, le rôle du manager en charge de l’expérience sonore client est d’assurer la cohérence définie en amont et en équipe pour la défendre tout au long du projet.
In fine, au moment de la décision, il est primordial que l’entreprise assume le caractère fort, voire clivant, du son identitaire retenu.
C’est la condition pour un son distinctif, susceptible de s’inscrire dans la durée.

Et c’est le parti-pris adopté par Renault.

Le mot de la fin revient à Laurent Worms :

« Mon rêve serait que la signature sonore des futures Renault électriques évoque une émotion similaire à l’empreinte d’un parfum séduisant, tout en contribuant à une meilleure écologie sonore pour nos villes de demain. »

C’est ce qui motive les équipes qui ont mené le développement de ce nouveau son que l’on découvrira bientôt avec la Nouvelle Mégane E-TECH Electric.

Automania Team

 

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