Giorgetto Giugiaro s’autocélèbre en se mettant à l’épreuve avec la Ferrari GG50.

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La Ferrari GG50 est un modèle unique conçu pour l’usage personnel de son créateur. Tel est le cadeau que s’est offert Giorgetto Giugiaro pour célébrer ses 50 ans de bons et loyaux services dédiés presque essentiellement au Design Automobile.

Ferrari GG50.

“Pour célébrer mes 50 ans d’activité dans le design automobile, j’ai voulu me faire une Ferrari à partager avec ma famille”.

Giorgetto Giugiaro s’est auto confié un projet qui dépasse tout conditionnement externe car, pour la première fois dans sa carrière, il se retrouve être à la fois fournisseur et client de la nouvelle voiture.

Le résultat est une Ferrari qui porte ses initiales, GG, suivies d’un 50 afin de souligner qu’il a fait son entrée dans le monde du design en septembre 1955.

Ferrari GG50.

Ce n’est pas une voiture futuriste mais actuelle, avec une forte empreinte personnelle visant à rechercher la meilleure ergonomie et l’exploitation de l’espace.

Réalisée sur la base de la 612 Scaglietti dont elle maintient, telle quelle, toute la mécanique, la Ferrari GG50 est légèrement plus courte que le modèle original, avec un arrière fastback qui autorise la présence d’un vrai hayon.

Les dossiers des sièges arrière sont rabattables, ce qui permet, grâce à un réservoir de conception nouvelle, d’obtenir un plateau de chargement plane d’une profondeur de 1,40 mètre. Tout cela a été vérifié avec le support de la Direction Technique de Ferrari.

Ferrari GG50.

La philosophie du projet.

L’idée de réaliser une Ferrari pour célébrer ses 50 ans d’activité dans le car design naît au salon de Paris en septembre dernier.

En effet, c’est à cette occasion que Giorgetto Giugiaro en parle pour la première fois et personnellement au Président et administrateur délégué de Ferrari, Luca di Montezemolo, qui choisit le modèle qui sera à la base de ce projet : le coupé 12 cylindres quatre places, 612 Scaglietti.

Montezemolo fournit également deux indications à Giugiaro : même si ce projet pourra être réalisé en toute liberté créative, le modèle devra être reconnaissable comme une Ferrari et donner une sensation de compacité, tout en restant extrêmement accueillant.

Giugiaro se met au travail en février 2005 et réalise, comme il le fait
désormais depuis plus de 50 ans, le croquis à l’échelle de 1:10 à quatre vues orthogonales, côté, avant, arrière et vue en plan, le tout entièrement à la main : il utilise un crayon à mine 2H sur du papier-calque à l’aide d’un simple appareil à dessiner.

Le croquis bidimensionnel représente la méthodologie de l’«école Giugiaro» aujourd’hui perpétuée par Fabrizio Giugiaro, Directeur de la Division de Style du Groupe.

Le croquis est ensuite mathématisé par l’ultra moderne Centre de Réalité Virtuelle d’Italdesign Giugiaro qui permet d’effectuer une vérification tridimensionnelle de la validité du projet à travers des visualisations en mouvement et en grandeur réelle.

Ferrari GG50.

Le résultat positif de la vérification en réalité virtuelle donne le feu vert au fraisage grandeur nature du modèle en plâtre qui s’est achevé en avril.

La construction du prototype roulant commence début juin, parallèlement à la réalisation d’une maquette d’habitabilité grandeur nature pour vérifier l’ergonomie et l’accessibilité intérieure.

Les interventions sur le lay-out.

La Ferrari GG50 a une longueur de 4,81 mètres par rapport aux 4,90 mètres de la Scaglietti, tout en gardant le même empattement de 2,95 mètres.

Giorgetto Giugiaro est très peu intervenu sur l’avant, le porte-à-faux étant raccourci de 2 centimètres, tandis qu’il a radicalement revu le lay-out de la zone arrière, réduisant ainsi la longueur totale de 9 centimètres.

Ferrari GG50.

Dans la 612 Scaglietti de série, le réservoir est placé verticalement, au dos des sièges arrière. Pour la GG50, Giugiaro a demandé aux techniciens d’Italdesign de concevoir un nouveau réservoir de 95 litres placé entièrement en dessous de la ligne du plateau de chargement.

En rabattant les dossiers des sièges arrière, le nouveau lay-out du réservoir permet d’obtenir un plateau de chargement plat d’une profondeur de 1,40 mètre. Par rapport à la capacité de chargement de la Scaglietti qui s’élève à 240 litres, la GG50 dispose de 270 litres qui deviennent 500 litres en rabattant les dossiers.

Pour rendre plus exploitable ce compartiment de chargement agrandi par la nouvelle disposition du réservoir, Giugiaro a choisi d’utiliser un véritable hayon arrière fixé à l’extrémité du toit.

Du point de vue de la structure, les techniciens de l’Italdesign ont dû réélaborer la traverse arrière qui relie, dans la Scaglietti, les dômes des suspensions au-dessus du réservoir. De même, pour soutenir le hayon, une traverse, raccordée à deux montants renforcés, a été ajoutée à l’extrémité du toit.

Ferrari GG50.

L’intervention dimensionnelle la plus évidente a été le raccourcissement de la partie arrière où le porte-à-faux a été réduit de 7 centimètres.

Le design extérieur.

Optiquement, grâce à l’arrondissage important des arêtes à l’avant et à l’arrière, la Ferrari GG50 semble plus compacte qu’elle ne l’est réellement, par rapport à la voiture de série.

“En plan, n’importe quelle voiture ressemble à un rectangle”, explique Giugiaro. “Ceci donne une perception optique des dimensions identique à celle de la longueur maximale”.

Au contraire, dans la GG50 Giugiaro a arrondi au maximum le raccord entre la calandre et les passages de roues à l’avant tout en appliquant le même traitement à l’arrière.

Ferrari GG50.

“Notamment dans les vues de trois-quarts, cette modification permet de moins percevoir la longueur réelle de la voiture car l’oeil ne voit plus la crête de l’aile qui définit nettement la fin du côté, mais une ligne continue qui court vers le centre des deux extrémités”.

Du point de vue architectural, la GG50 perd le troisième volume de la Scaglietti pour un arrière plus contenu, clairement fastback.

L’impression générale est celle d’un grand dynamisme, d’un coupé plus court, prêt à coller à la route, qui cache tellement bien les sièges arrière qu’il pourrait parfaitement être pris pour un deux places.

Le flanc est impeccable, la prise d’air pour le passage des freins avant court presque parallèlement à la ligne de terre et crée un bas-relief qui décroît vers l’arrière.

Comme dans les plus belles Ferrari, la ceinture s’incurve en face de la roue arrière pour souligner le muscle du généreux passage de roue.

La forte contracture de l’arrière est nettement perçue dans la vue de côté qui laisse déjà entrevoir les doubles phares arrière, ronds évidemment.

Ferrari GG50.

La simplicité absolue caractérise aussi l’avant. Le museau se prolonge au centre, avec la calandre Ferrari très basse, tout à fait typique, à côté de laquelle s’ouvrent deux larges prises d’air verticales qui abritent aussi les feux de brouillard.

Les phares avant sont verticaux, un coup de crayon qui crée un croissant noir contenant les feux de route et les feux de croisement, tous les deux à technologie Xénon, ainsi que les indicateurs de direction.

Le long capot est sillonné d’un V à peine esquissé qui rend le volume plus plastique sans toutefois altérer le flux naturel des lignes.

L’arrière est tout aussi simple, avec la partie inférieure qui abrite les doubles pots d’échappement chromés, peint en noir pour réduire la sensation de hauteur de l’ensemble.

Ferrari GG50.

Les doubles phares ronds à technologie LED sont asymétriques, les latéraux étant plus grands que les centraux. Au centre de la calandre, domine le classique Cheval Cabré chromé.

Le sommet du coffre remonte au centre pour esquisser un petit spoiler en vue d’augmenter la charge aérodynamique à grande vitesse.

La présence du hayon est presque imperceptible. La GG50 semble avoir une porte de coffre classique fixée en dessous de la lunette arrière, alors que toute la lunette se soulève avec la porte, il s’agit donc d’un véritable hayon.

Deux éléments dominent la vue en plan : la nette contracture des quatre extrémités et le toit en verre photochromique qui crée une surface transparente continue avec le pare-brise.

Ferrari GG50.

Le design intérieur.

Contrairement à l’extérieur de la GG50 qui a été réalisé à l’aide d’un appareil à dessiner, l’intérieur a été ébauché au fur et à mesure, en travaillant sur la maquette d’habitabilité.

Comme on l’a déjà dit, l’empattement n’a pas été modifié, l’habitabilité aussi est celle de la Scaglietti, mais c’est justement en travaillant sur la maquette grandeur nature que Giugiaro, qui a étudié le projet avec son fils Fabrizio, a décidé de rendre la glace latérale arrière descendante.

“Il n’est jamais très facile d’entrer et de sortir d’un coupé 2+2 car l’accessibilité est directement proportionnelle à la longueur de la porte que l’on ne peut toutefois pas allonger à l’infini. En effet, dans la GG50 l’ossature de la porte est celle de la Scaglietti, mais en rendant la glace arrière descendante, les mouvements de la tête sont plus fluides ce qui permet de monter et de descendre de voiture beaucoup plus facilement qu’on ne le pense. Et le seul moyen de s’en rendre compte c’est d’essayer”, explique Giugiaro.

L’autre considération originale est que la main droite du conducteur, traditionnellement consacrée au changement des vitesses, a perdu la plupart de ses mouvements avec l’utilisation de la boîte de vitesses F1, dotée de commandes au volant.

Ferrari GG50.

Certaines commandes traditionnellement placées à gauche, comme celles des feux ainsi que le frein à main, dans ce cas électrique, ont donc été repositionnées dans la partie droite de la planche de bord.

Tous les instruments de bord sont identiques à ceux de la voiture de série, tandis que la nouvelle planche de bord abrite, au centre, un navigateur satellitaire AVIC – X1R Pioneer.

A l’intérieur de la console centrale, aussi bien entre les sièges avant qu’entre les sièges arrière, se trouvent deux spacieuses boîtes à gants, protégées par un volet prévu à cet effet.

Les panneaux de porte, caractérisés par un ample vide-poches, sont traversés par une garniture en bois en hêtre naturel tout à fait inusuelle dans une Ferrari actuelle.

Recouverts de cuir beige, les sièges utilisent les structures de la voiture de production. En ce qui concerne les sièges avant, les prolongements latéraux qui génèrent la forme typique “baquet” des sièges sportifs ont été vidés afin d’augmenter la ventilation.

Les dossiers arrière sont rabattables dans la partie supérieure du dossier de manière à créer un compartiment de chargement plat à la hauteur du nouveau réservoir.

Ferrari GG50.

Fiche technique Ferrari GG 50

Longueur : 4810 mm

Largeur : 1950 mm

Hauteur : 1347 mm

Empattement : 2950 mm

Voie avant : 1677 mm

Voie arrière : 1643 mm

Porte-à-faux avant : 838 mm

Porte-à-faux arrière : 1022 mm

Volume coffre à bagages : 270 litres

Volume coffre à bagages avec sièges arrière rabattus : 500 litres

Moteur : V12 – 5748 cc

Puissance moteur : 540 HP à 7250 tr/mn

Propulsion Arrière

Boîte de vitesses : Séquentielle Automatique à 6 vitesses

Pneus avant : Bridgestone 245 35 ZR20

Pneus arrière : Bridgestone 305 35 ZR20

Freins : Brembo

Jantes : ATP Tecnoforming 20 “

Couleur : Rouge

Ferrari GG50.