Alvis : le retour.

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Alvis : le retour.

 

Comme l’être humain, les marques automobiles ne sont pas éternelles. On ne compte plus les constructeurs disparus à la suite de faillites, ou pire encore, sacrifiés sur l’autel du sacro-saint profit à tout prix.

Cette dernière catégorie comprend -entre autres- Riley, Wolseley, Saturn, Plymouth, Hummer, Pontiac et -la dernière en date- Mercury.

 

 

D’autre part, de temps à autre, on tente d’exhumer un nom célèbre, disparu depuis bien longtemps.

C’est le cas pour la marque britannique Alvis, qui avait cessé toute production de voitures particulières depuis 1967.

Outre des véhicules militaires et des moteurs destinés à l’aviation, la firme de Coventry avait produit pas loin de 22.000 voitures particulières en 47 ans.


Lors de la liquidation de l’entreprise, un nombre de travailleurs de la respectable maison de Coventry, avec l’aide de Alvis Company, ont fondé la société Red Triangle.

Depuis lors, cette firme fournit aux propriétaires de voitures Alvis les pièces de rechange et le soutien nécessaire pour l’entretien et la restauration de leurs joyaux.

Ce premier juin 2010, Alan Stote, propriétaire depuis 16 ans de Red Triangle, a annoncé que sa firme dispose désormais des droits quant au nom Alvis.

Dans la foulée, il a également dévoilé ses plans pour relancer la marque.

Pour ce faire, Red Triangle a créé une nouvelle société : The Alvis Car Company.

Alvis 3 Litre Sports Saloon GRABER 1957

Historique (très succinct) de Alvis.

En 1919, T.G. John fonde la firme T.G.John and Co. Ltd., qui changera de raison sociale en 1921 et deviendra Alvis Car and Engineering Company Ltd. Les carrosseries des premières voitures sont fournies par Cross & Ellis et par la firme bien connue Carbodies.

Dès ses débuts, Alvis s’est distingué par des solutions techniques originales.

C’est ainsi qu’en 1926, la firme conçoit la première voiture de Grand Prix à traction avant et mue par un moteur 8 cylindres en ligne.

En 1928, elle produit et commercialise la première voiture de série à traction avant britannique.

En 1933, la société Alvis conçoit la première boîte de vitesses entièrement synchronisée et lance la première voiture britannique à suspension à roues indépendantes à l’avant.

Peu de temps avant le début de la deuxième guerre mondiale, Alvis se lance également dans la production des moteurs d’avions et de véhicules blindés.

Le célèbre Sir Alec Issigonis rejoint la firme en 1952 pour concevoir et développer un moteur V8 de 3.500 cm3. Il y resta jusqu’en 1955, mais le moteur qu’il conçut, s’avéra trop coûteux pour entrer en production.

A partir de 1955, toutes les carrosseries sont basées sur des dessins du carrossier suisse Graber.

En 1959, le SR.N 1, mû par un moteur Alvis Leonides, est le premier véhicule à coussin d’air (hovercraft), à effectuer la traversée de la Manche.

Finalement, Alvis est contraint à fusionner avec Rover et en 1967, la firme abandonne la production de voitures particulières.

Elle transfère la totalité du stock de pièces de rechange, plus de 50.000 dessins, fiches techniques et autres dossiers à Red Triangle.

Cependant, le nom Alvis ne disparut pas complètement.

En effet, pendant plusieurs décennies encore, ses propriétaires successifs l’ont utilisé pour orner leurs véhicules blindés.

Finalement, le nom fut définitivement abandonné en 2004 par BAE Systems, le dernier propriétaire en date.

 

Combat Vehicle Reconnaissance (Tracked)

Parmi les véhicules militaires étudiés dans les années 60 par les ingénieurs de Alvis,  il y eut une assez étonnante famille de véhicules blindés légers chenillés, le CVR(T).

Afin d’en réduire le poids, ils utilisèrent un blindage en aluminium au lieu d’acier.

L’engin était motorisé par le légendaire moteur Jaguar XK 6 cylindres en ligne à double arbre à cames en tête.

Au total, plus de 3.500 exemplaires furent produits pour les forces armées britanniques et l’exportation.

Pour l’heure, très peu de ces engins restent encore en service actif.

L’armée belge utilisa également le CVR(T). Les exemplaires destinés à nos forces armées furent assemblés à l’usine British Leyland de Malines (Mechelen).